Le gaz russe prêt à circuler de nouveau, mais des problèmes demeurent [FR]
Hier (12 janvier), après que les deux parties ont finalement conclu un accord sur la surveillance des flots à travers l’Ukraine, la Russie a déclaré qu’elle reprendrait ses livraisons de gaz vers l’UE. Mais des problèmes entre Moscou et Kiev demeurent, poussant l’UE à chercher à réduire sa dépendance aux approvisionnements russes.
Hier (12 janvier), après que les deux parties ont finalement conclu un accord sur la surveillance des flots à travers l’Ukraine, la Russie a déclaré qu’elle reprendrait ses livraisons de gaz vers l’UE. Mais des problèmes entre Moscou et Kiev demeurent, poussant l’UE à chercher à réduire sa dépendance aux approvisionnements russes.
Lors d’une apparition télévisuelle minutieusement préparée, le Premier ministre russe Vladimir Poutine a enjoint le PDG de Gazprom Alexei Miller de reprendre les approvisionnements.
« Nous allons commencer demain à 10 heures du matin, heure de Moscou [8 heures du matin, heure de Bruxelles] à pomper du gaz », a indiqué le PDG de Gazprom. « D’accord, commencez le travail », lui a répondu M. Poutine.
L’annonce a été faite après que des millions d’Européens ont traversé des épreuves sans précédent durant une semaine, dans un contexte d’intensification de la colère des citoyens dans les pays le plus sévèrement touchés par la crise gazière, en particulier en Bulgarie et en Slovaquie.
La dernière évolution de la situation est devenue possible après que l’Ukraine a décidé hier de renoncer à sa tentative visant à ajouter une annexe à l’accord de surveillance, dans lequel elle souhaitait souligner le fait qu’elle ne devait aucun paiement à la Russie (EURACTIV 12/01/09).
L’UE, la Russie et l’Ukraine se sont accordées la semaine dernière sur l’envoi de 25 experts pour surveiller les flots de gaz russe qui passent par l’Ukraine. La Russie a accusé l’Ukraine de voler du gaz. Les observateurs agiront en tant qu’arbitres par rapport à ces allégations.
Mais le problème principal qui entrave les relations entre Moscou et Kiev demeure. Les deux parties n’ont pas conclu d’accord sur le prix du gaz importé d’Ukraine depuis la Russie, ni sur les taxes de transit que Moscou doit encore à Kiev. Les deux parties doivent encore se mettre d’accord sur la question des amendes relatives à des paiements effectués en retard. Quant à la question du « gaz technique », qui doit être fourni pour maintenir la pression dans les gazoducs, elle n’est également toujours pas résolue.
La corruption est la question principale
Ce qui est certainement encore plus important, c’est qu’un climat de profonde défiance règne entre Moscou et Kiev, ainsi que des soupçons selon lesquels le Kremlin souhaite nuire au président ukrainien Victor Yushchenko, qui a fait pression pour que son pays rejoigne l’OTAN.
M. Poutine a récemment indiqué que les autorités ukrainiennes ne luttent pas pour le prix du gaz mais pour la possibilité de conserver un ou plusieurs intermédiaires pour qu’elles puissent utiliser les recettes à leur propre avantage et pour disposer de ressources lors des campagnes politiques à venir.
Mais selon les analystes, les pays clients tout comme Moscou tirent profit des intermédiaires. En ce qui concerne la Russie et l’Ukraine, l’intermédiaire RosUkrEnergo, une mystérieuse société qui ne détient ni gaz ni gazoduc, gagne cependant 20 % du produit des ventes de gaz par la Russie à l’Ukraine.
Des situations similaires concernant les intermédiaires du gaz existent également dans des pays européens. En Bulgarie par exemple, l’intermédiaire Overgas, détenu à 50 % par Gazprom, augmente les prix aux consommateurs de 30 % par rapport à ce qu’ils pourraient être si l’Etat pouvait acheter le gaz directement, écrit le quotidien Monitor.
Les ministres européens de l’Energie ont tenu hier à Bruxelles une réunion d’urgence pour tenter d’aider les pays les plus touchés par la crise du gaz. La Bulgarie a demandé 400 millions d’euros pour augmenter ses capacités de stockage du gaz et pour acheter des gazoducs reliés à la Grèce et la Roumanie, peut-on lire aujourd’hui dans le quotidien Dnevnik, partenaire d’Euractiv en Bulgarie.
Menace nucléaire
La Slovaquie et la Bulgarie ont annoncé leur intention de redémarrer des unités de leurs centrales nucléaires, qui avaient été fermées en accord avec les traités d’adhésion à l’UE. L’action slovaque en particulier (EURACTIV 12/01/09) visant à éviter l’étape de consultation avec la Commission a déchaîné une violente dispute avec les pays opposés au nucléaire.
Un porte-parole de la Commission a déclaré que l’UE avait aidé la Slovaquie à répondre à son problème énergétique. Il a ajouté que si le réacteur, fermé il y a à peine deux semaines, était rouvert, cette décision constituerait une sérieuse violation. Il n’a pas précisé quelle mesure punitive l’Union pourrait prendre.