Le gaz de schiste pourrait créer 60.000 emplois au Royaume-Uni
La crise ukrainienne accélère la réflexion sur le gaz de schiste. L'exploitation du gaz de schiste au Royaume-Uni pourrait générer 40,2 milliards d'euros et 64.000 emplois.
La crise ukrainienne accélère la réflexion sur le gaz de schiste. L’exploitation du gaz de schiste au Royaume-Uni pourrait générer 40,2 milliards d’euros et 64.000 emplois.
L’organisation britannique Onshore Operators Group (UKOOG) a publié sa dernière étude financée par l’industrie. Elle s’appuie sur un scénario provenant d’un rapport réalisé en mai 2013 par l’Institute of Directors (IoD) qui estime que 4000 puits seront forés entre 2016 et 2032.Les deux études mettent en évidence les avantages liés à l’exploitation du gaz de schiste : elle permettrait de créer des emplois, de générer des recettes fiscales et de réduire les émissions de carbone par rapport au gaz importé.
D’après l’étude de l’UKOOG, 40,2 milliards d’euros seront dépensés d’ici 2024 dans des activités liées à l’exploitation du gaz de schiste, comme la fracturation hydraulique, le forage, la gestion des déchets ainsi que le stockage et le transport de cette énergie.
De nouvelles perspectives sur le long terme ?
Les auteurs du rapport estiment que le Royaume-Uni pourrait exploiter le potentiel que représente l’exportation du gaz en prenant le leadership en matière d’exploitation du gaz de schiste. Ils ont toutefois reconnu que des incertitudes liées aux obstacles géologiques pesaient dans la balance.
Le Royaume-Uni, qui dispose d’importantes ressources en gaz de schiste, plaide de plus en plus en faveur de l’exploration de ce gaz. Elle permettrait de sécuriser l’approvisionnement et l’indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.
L’actuel gouvernement britannique est ouvertement en faveur de l’exploitation du gaz de schiste et a d’ailleurs introduit des abattements fiscaux pour les entreprises de ce nouveau marché. Le ministre de l’Énergie, Michael Fallon, a déclaré que « le gaz de schiste a le potentiel de faire émerger une toute nouvelle industrie, grâce à l’expertise incontestable du Royaume-Uni dans le secteur de l’énergie ».
Vœux pieux
Des défenseurs de l’environnement ont toutefois qualifié le rapport de « document de lobbying rempli de vœux pieux ». Les Amis de la Terre sont particulièrement sceptiques. « La production de gaz de schiste aux États-Unis est déjà sur le point de décliner.[Le gaz de schiste] est censé avoir le potentiel le plus élevé dans le monde. Or, seulement après plus d’une décennie de production, comment le gaz de schiste britannique pourrait-il devenir une option à long terme alors que l’on ne connaît toujours pas la quantité de gaz qu’il serait économiquement et techniquement possible d’extraire ? » s’interroge l’ONG.
Les écologistes ont toutefois salué le fait que l’industrie précise dans le rapport le nombre de puits qu’elle compte forer : 4 000 puits est un nombre énorme, selon eux, « qui entraînera une importante industrialisation ».
Antoine Simon, des Amis de la Terre remet également en doute l’objectif de création d’emploi dans l’étude. Il souligne que « l’industrie fait constamment l’objet de cycles d’expansion et de récession en raison de la diminution rapide de la productivité des puits ».
Le rapport de l’UKOOG indique aussi que « 20 millions de foyers pourraient être chauffés grâce à la production de gaz de schiste britannique aux heures de pointe ». D’autres études ont toutefois révélé que la facture des consommateurs ne s’en trouvera pas pour autant réduite.
Bloomberg New Energy Finance et l’institut Graham de la London School of Economics estiment que l’exploitation de gisements de gaz de schiste au Royaume-Uni ne devrait probablement pas engendrer une réduction des prix du gaz naturel.