Le G7 discute de l’aide à l’Ukraine, de la guerre à Gaza et des tensions avec la Chine
Entre le gel des avoirs russes, le renforcement du soutien à l’Ukraine, la paix au Moyen-Orient et les tensions croissantes entre l’Occident et la Chine, l’agenda des dirigeants du G7 s’annonce chargé pour le sommet du groupe qui se tient dans le sud de l’Italie de jeudi à samedi (13-15 juin).
Entre le gel des avoirs russes, le renforcement du soutien à l’Ukraine, la paix au Moyen-Orient et les tensions croissantes entre l’Occident et la Chine, l’agenda des dirigeants du G7 s’annonce chargé pour le sommet qui se tient dans le sud de l’Italie de jeudi à samedi (13-15 juin).
Les dirigeants du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon, du Royaume-Uni et des États-Unis se réuniront dans la luxueuse station balnéaire de Borgo Egnazia, dans les Pouilles, à une soixantaine de kilomètres de Bari. Le site est situé à l’écart des manifestants et des médias.
Il pourrait s’agir du dernier sommet du G7 pour plusieurs participants, puisque le président américain Joe Biden entre en campagne pour l’élection présidentielle en novembre et que le Premier ministre britannique Rishi Sunak va probablement perdre les élections législatives qui auront lieu début juillet au Royaume-Uni.
Côté français, Emmanuel Macron se prépare lui aussi à des élections législatives anticipées, convoquées suite aux mauvais résultats de son parti aux élections européennes du week-end dernier.
En Allemagne, la coalition tripartite du chancelier allemand Olaf Scholz est également sur le reculoir face à l’extrême droite, par ailleurs en progression dans de nombreux États de l’UE.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni, hôte du sommet, est quant à elle confortée par les résultats de son parti d’extrême droite, Fratelli d’Italia (Identité et Démocratie/ID), arrivé en tête aux élections européennes.
Bien qu’il ne figure pas officiellement à l’ordre du jour, le sommet donnera lieu à des conversations informelles entre les dirigeants des trois plus grandes économies de l’Union européenne, pour tenter de se mettre d’accord sur les postes à responsabilité au sein des institutions de l’UE, avant le dîner informel qui aura lieu la semaine prochaine sur ce même thème.
L’accord provisoire sur l’aide à l’Ukraine
Les négociateurs du G7 se sont mis d’accord sur un plan de prêt basé sur la taille de leurs économies pour fournir à l’Ukraine une aide d’environ 50 milliards de dollars. Cette aide devrait commencer à être versée d’ici la fin de l’année, selon des personnes au fait du dossier.
« C’est fait […] l’accord est conclu et je ne m’attends pas à ce que l’un des dirigeants […] le bloque », a déclaré l’un des responsables, sous couvert d’anonymat.
« Cet accord provisoire doit encore être formellement approuvé par les dirigeants du G7 », a ajouté le fonctionnaire, en référence au communiqué final du sommet.
Selon cet accord, les membres du G7 fourniraient « environ 50 milliards de dollars » à l’Ukraine d’ici la fin de l’année pour couvrir ses besoins de financement jusqu’en 2025 et au-delà, en s’appuyant sur les futurs bénéfices exceptionnels tirés des avoirs russes gelés.
Cette nouvelle injection d’aide devrait servir à soutenir les capacités de défense, l’économie et les besoins de reconstruction de l’Ukraine, ont confirmé des personnes au fait du dossier.
Les détails techniques seront précisés ultérieurement, notamment la répartition de l’argent et la responsabilité du risque final du prêt à l’Ukraine.
Les dirigeants du G7 devraient également confirmer que les avoirs russes resteront immobilisés jusqu’à ce que Moscou mette fin à sa guerre contre l’Ukraine, ont-ils ajouté.
L’accord formel devrait être annoncé jeudi, lorsque le président ukrainien Volodymyr Zelensky rejoindra les dirigeants pour une réunion sur l’Ukraine.
Les ministres des Finances de la zone euro avaient donné leur soutien politique la semaine dernière au projet, mais ont déclaré que ses termes exacts devraient être discutés après que le sommet du G7 ait donné une orientation politique.
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Efforts diplomatiques
L’Ukraine et Gaza risquant de figurer en tête de l’ordre du jour, Giorgia Meloni a également invité une douzaine de dirigeants n’appartenant pas au G7 à participer à une « séance d’information » vendredi après-midi.
Parmi les invités figurent les dirigeants de l’Inde, de l’Afrique du Sud, du Brésil, de l’Argentine, de la Turquie, de l’Arabie saoudite, de la Jordanie, de l’Algérie, du Kenya et de la Mauritanie.
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui assure la présidence du G20, le président argentin Javier Milei, le secrétaire général des Nations unies António Guterres et des représentants du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale ont également été invités.
« Le sommet sera l’occasion d’élargir et d’approfondir des amitiés et des alliances avec certaines puissances influentes de taille moyenne que l’Occident voudrait désengager des sphères [d’influence] chinoise ou russe », a déclaré à Euractiv Arturo Varvelli, directeur du groupe de réflexion ECFR Roma.
La présence de dirigeants non membres du G7, en particulier des pays du Sud, pourrait être « un symbole de la manière dont le G7 pourrait être progressivement transformé en une salle de contrôle des relations avec ces puissances », a déclaré M. Varvelli.
Les sessions se termineront vendredi, puisque Volodymyr Zelensky et d’autres dirigeants se rendront au Sommet pour la paix en Ukraine en Suisse (15-16 juin).
Le président américain devrait également informer ses homologues du G7 des efforts diplomatiques déployés par Washington ces derniers mois pour négocier un éventuel cessez-le-feu dans la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza, qui en est à son neuvième mois.
Les dirigeants du G7 ont déclaré la semaine dernière dans un communiqué qu’ils « approuvent pleinement et soutiendront l’accord global » de cessez-le-feu et de libération d’otages présenté par Joe Biden, et ont appelé le groupe palestinien Hamas à l’accepter.
Le Hamas a officiellement répondu à la proposition mardi, en réitérant des demandes qui n’étaient pas satisfaites par le plan actuel. Israël a estimé que cette réponse équivalait à un rejet.
Arturo Varvelli a exprimé son souhait de voir se dessiner une déclaration unanime du G7 sur la nécessité de mettre fin à l’action militaire d’Israël dès que possible, et sur un nouvel engagement en faveur d’une architecture de sécurité garantissant à la fois la sécurité d’Israël et l’existence et la reconstruction d’un État palestinien. Selon lui, cela rendrait le G7 « plus courageux que dans un passé récent ».
L’Italie met l’accent sur l’immigration
L’immigration et les relations avec l’Afrique sont deux priorités du sommet pour Giorgia Meloni, qui a fait du développement de l’Afrique un thème central de la présidence italienne du G7 à travers le plan Mattei. Cet engagement s’observe notamment par la liste des invités, où l’on trouve des dirigeants du Kenya, d’Algérie et de l’Union africaine.
La Première ministre italienne devrait obtenir l’approbation de ce plan par l’ensemble du G7, pour faire de l’Italie une plaque tournante énergétique entre l’Europe et le continent africain.
Toutefois, les efforts italiens en Afrique ont été affectés par une série de coups d’État, alors que l’influence européenne se rétracte sur le continent au profit de la Russie.
La question de la Chine
Si le G7 est considéré comme un forum politique réunissant des démocraties riches partageant les mêmes idées, il n’en reste pas moins que son influence économique a reculé ces dernières années. Sans la présence de la Chine à la table des négociations, certains s’interrogent sur la pertinence de ce format.
Les États-Unis devraient insister auprès de leurs partenaires occidentaux pour qu’ils incluent dans la déclaration finale les préoccupations du groupe concernant la surcapacité industrielle de la Chine.
Par ailleurs, l’UE a annoncé mercredi des droits de douane supplémentaires allant jusqu’à 38% sur les importations de voitures électriques chinoises. Ceux-ci entreront en vigueur à partir du mois prochain, à moins que Bruxelles et Pékin ne parviennent d’ici là à un accord.
Les dirigeants du G7 devraient également appeler la Chine à cesser de soutenir la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine, selon un premier projet de déclaration encore en cours de négociation.
« Le soutien continu de la Chine à la base industrielle de défense russe a des implications significatives et étendues en matière de sécurité », indique le projet de déclaration.
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[Édité par Anna Martino]