Le FMI avertit la zone euro des risques de la politique d’austérité
Dans un rapport publié le 21 juillet, le département européen du FMI manifeste à nouveau ses inquiétudes quant à l’avenir de l’économie des pays utilisant la monnaie unique.
Dans un rapport publié le 21 juillet, le département européen du FMI manifeste à nouveau ses inquiétudes quant à l’avenir de l’économie des pays utilisant la monnaie unique.
La croissance économique de la zone euro pourrait être affectée dans les années à venir par le mouvement de réduction des dettes publiques et des dépenses, affirme un rapport du Fonds monétaire international (FMI), présenté le 21 juillet.
La publication du rapport sur la zone euro fait suite aux discussions avec la Commission européenne et la Banque centrale européenne.
Le FMI estime que de nouvelles difficultés ne sont pas à exclure, que le net repli de l’euro depuis le début de l’année l’a ramené à un niveau à peu près conforme à ses fondamentaux et que les taux extrêmement bas de la BCE devraient rester en place pour soutenir la reprise.
La confiance affaiblie et les mesures d’austérité – qui se sont aggravées dans certaines parties de la zone euro – ne seront que partiellement compensées par la récente dépréciation de l’euro, explique le FMI.
Risque d’une crise du crédit
La zone euro pourrait également subir une crise du crédit. Les États les plus endettés, comme la Grèce, l’Italie, le Portugal et l’Espagne, sont les plus en danger, compte tenu du nombre de personnes travaillant dans des PME qui pourraient connaître des difficultés pour emprunter.
« L’offre restreinte de crédit bancaire pourrait peser lourdement sur la reprise économique de la zone euro », prévient le rapport du FMI.
Les réductions des dépenses publiques dans la zone euro pour résoudre les problèmes d’endettement des pays pourraient également peser sur la croissance. Même en cas de remontée du moral des agents économiques, la consommation privée « ne devrait pas contribuer de manière importante à la croissance avant fin 2011 », met en garde le rapport du FMI.
Dans les pays où la crédibilité budgétaire est remise en question, les réductions budgétaires prématurées atténueraient inévitablement la demande sur le court terme, ajoute le rapport.
Le FMI avertit qu’un « net ralentissement de la croissance aura lieu au second semestre de 2010 », si la récente dégradation du moral des chefs entreprises se poursuit. « La reprise naissante, principalement tirée par la demande extérieure, pourrait être ralentie à court terme par les tensions de marché liées au risque souverain », indique le texte.
Des efforts supplémentaires pour stabiliser l’euro
Selon le FMI, des risques pèsent également sur l’euro, qui a plongé de 16 % du début de l’année au 1er juillet sur une base pondérée en fonction des échanges internationaux .
« Si les risques baissiers se réalisaient, les conséquences pourraient être difficiles » et peser sur la reprise mondiale, avec « une dépréciation substantielle de l’euro », précise le rapport.
Les États pourraient en outre devoir prendre de nouvelles mesures pour réduire leur dette. Les représentants du FMI « sont d’accord sur le fait que la position de la politique monétaire (de la BCE) peut rester très favorable », précise le rapport. Le Fonds estime ainsi que la BCE pourra reprendre une suppression progressive de ses mesures de soutien le moment venu.
Toutefois, durcir les garanties sera difficile et nécessite d’attendre la fin de la crise de la zone euro. Ce dispositif de garanties pourrait avoir besoin d’être révisé à plus long terme pour pouvoir répondre aux préoccupations du bilan de la BCE, précise le rapport du FMI.