Le fisc belge enquête sur Karel de Gucht
Le commissaire européen en charge du commerce, Karel de Gucht, fait l'objet d'une enquête suite à l'achat d'une maison en Italie, ont confirmé les autorités belges.
Le commissaire européen en charge du commerce, Karel de Gucht, fait l'objet d'une enquête suite à l'achat d'une maison en Italie, ont confirmé les autorités belges.
Hier (10 janvier), les banques ont remis les relevés de M. de Gucht à l'Inspection Spéciale des Impôts (ISI), une section du ministère des finances qui lutte contre la « fraude fiscale grave et organisée ».
L'enquête porte sur l'achat par le commissaire européen d'une maison de vacances en Toscane.
Requête rejetée
M. de Gucht a demandé à un tribunal belge le mois dernier de bloquer l'accès à ses comptes, arguant que la loi de juillet 2011 sur l'assouplissement du secret bancaire « allait trop loin ». Le tribunal a rejeté sa demande de saisie de la cour constitutionnelle belge.
M. de Gucht a depuis fait appel de cette décision, espérant que la cour constitutionnelle ne permette pas que ses relevés bancaires soient utilisés au cours de l'enquête.
La loi en question a été approuvée par le propre parti de M. de Gucht, l'Open VLD (le parti des Libéraux et démocrates flamands). Elle a notamment été adoptée pour respecter les règles européennes visant à assouplir le secret bancaire et à lutter contre la fraude fiscale.
La controverse sur l'achat de cette maison ne fait que s'intensifier et a souvent été relayée par les médias belges. M. de Gucht a par ailleurs qualifié la gestion de cette situation par le fisc de « scandaleuse ».
Une affaire privée
Alejandro Ulzurrun, un porte-parole de la Commission européenne, a refusé de parler de l'enquête. « Il s'agit d'une affaire privée pour le commissaire de Gucht et nous ne ferons donc pas de commentaires », a-t-il déclaré à la presse.
M. de Gucht, qui a occupé le poste de ministre des affaires étrangères en Belgique de 2004 à 2009, a déjà fait l'objet de controverses par le passé.
En 2010, il s'est vu refuser l'entrée en République démocratique du Congo, ancienne colonie belge, pour avoir critiqué la mauvaise utilisation des fonds européens par le gouvernement congolais.
Cette même année, il a dû s'excuser pour des commentaires prononcés à la radio belge sur l'influence des « lobbies juifs » à Washington et sur le processus de paix au Moyen-Orient.