Le financement du Fonds vert décolle avec l’annonce des États-Unis
Malgré un démarrage difficile, les caisses du Fonds vert pour le climat devraient se remplir avec les annonces attendues du Japon et des États-Unis, qui porteraient à 8,5 milliards d’euros les promesses de financement, sur les 10 milliards espérés avant fin 2014.
Malgré un démarrage difficile, les caisses du Fonds vert pour le climat devraient se remplir avec les annonces attendues du Japon et des États-Unis, qui porteraient à 8,5 milliards d’euros les promesses de financement, sur les 10 milliards espérés avant fin 2014.
L’effet « boule de neige » en faveur du Fonds vert pour le climat tant attendu par la France lors du sommet d’international de New York semble finalement se produire.
Le pays qui accueillera en 2015 la conférence internationale Paris Climat 2015 avait alors annoncé vouloir contribuer au Fonds vert à hauteur d’un milliard de dollars sur 4 ans.
Coup de fouet
La capitalisation de ce Fonds, principal outil destiné à soutenir les pays en développement face au changement climatique, devrait connaitre un véritable coup d’accélération avec les annonces attendues des États-Unis et du Japon.
Le président américain Barack Obama doit promettre le 15 novembre en marge du G20 de Brisbane en Australie une contribution de 3 milliards de dollars. De son côté, le Japon devrait également annoncer une contribution à hauteur de 1,5 milliard de dollars, selon des informations de de la presse japonaise (Kyodo News Agency).
>>Lire : Le sommet climat donne un timide coup d’accélérateur au Fonds vert
Jusqu’ici, les différentes annonces étaient restées modestes au regard des ambitions affichées par la communauté internationale sur le front de la lutte contre le réchauffement climatique dans les pays en développement. Le Fonds vert, institué par les accords de Copenhague puis Cancún entend en effet centraliser les financements de l’adaptation et la réduction des émissions au sein des pays en développement.
Un projet ambitieux pour lequel les pays développés se sont engagés à débloquer quelque 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020, dont une partie importante devrait transiter via ce nouveau fonds.
Au-delà des objectifs à l’horizon 2020, la capitalisation initiale de 15 milliards de dollars du Fonds vert attendue par les pays en voie de développement est surtout une condition sine qua non pour la réussite du sommet Paris Climat 2015, qui doit aboutir à un accord international permettant de limiter le réchauffement climatique. Du côté des contributeurs, l’objectif affiché est d’obtenir 10 milliards d’euros de contribution avant la fin de l’année 2014.
>>Retrouvez l’Infographie : les ambitions du Fonds vert pour le climat revues à la baisse ?
Un objectif qui semblait hors d’atteinte. Jusqu’ici, la France avait annoncé un engagement d’un milliard de dollars, ainsi que l’Allemagne. Plusieurs annonces notamment de pays européens comme la Suisse, la Suède ou la République tchèque ainsi que la Corée du Sud avait porté le montant global des engagement à environ 3 milliards d’euros.
« Le démarrage à New York a été un peu lent. J’espère qu’on sera au moins à 7 milliards d’euros d’annonces fin novembre pour le Fonds vert pour le climat » avait reconnu Laurence Tubiana, représentante spéciale pour la conférence Paris Climat 2015 lors d’une audition à l’Assemblée nationale.
Réunion de capitalisation imminente
Avec les contributions attendues des États-Unis et du Japon, la réunion de capitalisation du Fonds qui doit se dérouler à Berlin les 19 et 20 novembre semble s’annoncer sous de meilleures auspices.
« Afin de doter [le Fonds vert] des moyens nécessaires, la conférence de capitalisation […] doit être un succès. Près de trois milliards de dollars ont déjà été annoncés, mais cet effort reste insuffisant » a rappelé le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius dans un communiqué commun avec Manuel Pulgar-Vidal, ministre péruvien de l’Environnement du Pérou, pays chargé d’accueillir la COP 20 en décembre.
En attendant la confirmation des annonces américaines et japonaise , les deux ministres ont lancé « un appel solennel à nos partenaires pour qu’ils annoncent des contributions ambitieuses dès le 20 novembre à Berlin ».
Au cours de cette réunion, les annonces des différents pays donateurs devraient être finalisées. Mais c’est aussi la forme de leur contribution qui sera arrêtée.
En effet, les donateurs ont la possibilité de contribuer sous forme de dons, mais aussi de prêts très concessionnel , c’est-à-dire à des taux bien inférieurs à ceux du marché, dans la limite par donateur de 40 % de leur contribution totale. Le total des prêts reçus par le fonds ne devra par ailleurs par dépasser 20 % de l’ensemble des dons.
« Tout cela devrait être adopté lors de la réunion de Berlin » indique Pierre Forestier, responsable de la division changement climatique de l’Agence Française de Développement.
La France finalise sa contribution
Du côté français, l’annonce de la contribution d’un milliard de dollars est en train de prendre forme. Paris divisera sa participation entre un prêt très concessionnel de 285 millions d’euros, « qui sera décaissé rapidement, dès début 2015 » précise-t-on dans l’entourage de Michel Sapin.
La partie la plus importante – 489 millions d’euros répartis sur 4 ans – se fera sous forme de dons, financés par la Taxe sur les transactions financières et celle sur les billets d’avion.