Le FESF pourrait être porté à 2000 milliards d’euros

Selon une information du quotidien britannique The Guardian, la France et l’Allemagne seraient d’accord pour quintupler la force de frappe du Fonds européen de stabilité financière. Des sources officielles démentent.

EURACTIV.fr
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Selon une information du quotidien britannique The Guardian, la France et l’Allemagne seraient d’accord pour quintupler la force de frappe du Fonds européen de stabilité financière. Des sources officielles démentent.

Berlin et Paris se seraient entendus pour porter la capacité du Fonds européen de stabilité financière (FESF) à 2.000 milliards d’euros dans le cadre du plan de résolution de la crise de la dette dans la zone euro, selon une information révélée par le Guardian.

Idée de septembre

Pour le moment doté de 440 milliards d’euros, cette décision pourrait être approuvée lors du sommet européen de dimanche, ajoute le quotidien.

Les détails de l’accord ne sont pas encore connus mais ce renforcement pourrait se faire grâce à un «effet levier» en fournissant des garanties. Au matin du 19 octobre, les bourses européennes ont ouvert à la hausse.

Pourtant, quelques minutes plus tard, une dépêche Reuters a démenti ces affirmations. Selon « deux hauts responsables de l’Union européenne », aucun accord n’a pour le moment été conclu. « Il est naïf de penser qu’on peut faire ce genre de calcul et arriver à un joli chiffre rond de 2.000 milliards. Ce n’est pas aussi simple que cela ».

Cette idée avait pourtant déjà été émise par les autorités européennes à la fin du mois de septembre. A l’époque, le commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn avait déclaré réfléchir « à la possibilité de doter le FESF d’un effet de levier plus important pour lui conférer plus de force ».

Mesures utiles

Selon l’article du Guardian, Paris et Berlin seraient aussi d’accord pour que les fonds propres des banques européennes soient portés à 9%, conformément au souhait de l’Autorité bancaire européenne. 

Si les établissements français et allemands disent pouvoir atteindre cet objectif sans aide, ce n’est pas le cas de tous leurs confrères européens. Les investisseurs attendent beaucoup du sommet de la zone euro du 23 octobre. La chancelière allemande les a toutefois invités à la patience. 

« Ces dettes souveraines se sont accumulées pendant des dizaines d’années, c’est pourquoi on ne peut pas les régler en un seul sommet. Ce sera un travail difficile, sur le long terme », a déclaré Angela Merkel lors d’une conférence de presse. « Néanmoins, je pense que nous serons capables de prendre des mesures utiles, importantes ».

Dégradation espagnole

Dans ces négociations, la France cherche à tout prix une solution qui ne remettra pas en cause son triple A, déjà menacé hier par l’agence Moody’s.

Car les dégradations des pays européens se poursuivent. L’Espagne en est la dernière victime. Cette même agence a abaissé de deux crans, mardi 18 octobre, la note souveraine espagnole, qui passe de Aa2 (qualité haute ou bonne) à A1 (qualité moyenne) avec perspective négative, jugeant le pays toujours vulnérable aux tensions de marché.