Le favori des élections allemandes collabore avec l'extrême droite et gagne en popularité
Le principal candidat aux élections allemandes, Friedrich Merz, a vu sa cote de popularité augmenter dans un sondage publié jeudi. Cela suggère que les électeurs n'ont pas sanctionné son rapprochement, pourtant controversé, avec l'extrême droite.
BERLIN — Le principal candidat aux élections allemandes, Friedrich Merz, a vu sa cote de popularité augmenter dans un sondage publié jeudi. Cela suggère que les électeurs n’ont pas sanctionné son rapprochement, pourtant controversé, avec l’extrême droite.
La semaine dernière, la tête de liste des chrétiens-démocrates (CDU/CSU) a invité le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) à l’aider à faire passer un certain nombre de motions au parlement, rompant ainsi le « cordon sanitaire ». Cet accord de longue date impliquait la non-coopération entre les forces politiques établies et l’extrême droite.
Selon un sondage ARD Deutschlandtrend publié ce jeudi, le parti de Friedrich Merz a gagné du soutien à la suite de cette décision.
La CDU/CSU a gagné un point de pourcentage par rapport à la semaine précédente, et s’élève désormais à 31 %. L’AfD a également gagné un point de pourcentage et se situe maintenant à 21 %. Cela place le parti d’extrême droite en deuxième position.
Friedrich Merz a également gagné de manière significative en popularité personnelle (+4 points de pourcentage) et en tant que choix préféré pour le poste de chancelier (+5 points de pourcentage). Le chancelier sortant, Olaf Scholz, a toutefois gagné six points sur ce dernier critère.
Le soutien au parti social-démocrate (SPD) du chancelier sortant Olaf Scholz se maintient à 15 %, tandis que les Verts reculent d’un point, à 14 %. Les deux partis avaient vivement critiqué la décision de Friedrich Merz.
Le sondage, réalisé cette semaine entre lundi et mercredi, est l’un des premiers à étudier les retombées de cette semaine dramatique au parlement allemand.
Mercredi dernier, Friedrich Merz a réussi à faire passer, avec le soutien de l’AfD, une motion non contraignante qui appelait à la mise en œuvre d’un plan sévère sur l’immigration. Ce plan comprenait, entre autres, le rejet de tous les demandeurs d’asile et des migrants en situation irrégulière à la frontière allemande.
Une tentative de faire passer une proposition législative plus douce a échoué, en raison d’absences dans les propres rangs de la CDU/CSU.
Les observateurs ont interprété cette manœuvre du responsable politique comme une stratégique visant à montrer sa détermination sur la question de l’immigration. Elle intervient alors qu’un homme arrivé en Allemagne en tant que demandeur d’asile a poignardé à mort deux personnes, dont un enfant de deux ans, à Aschaffenburg le mois dernier.
Le nouveau sondage confirme une tendance apparue dans les sondages précédents cette semaine : les électeurs ne veulent pas punir Friedrich Merz, ou pas de manière précipitée.
Alors qu’un sondage publié mardi donnait la CDU/CSU en recul de deux points, deux autres sondages n’enregistraient aucun changement.
Malgré l’amélioration de la popularité du chef du parti conservateur, le sondage ARD Deutschlandtrend de jeudi indique qu’une partie de la population allemande ne soutient pas son choix.
49 % des personnes interrogées pensent en effet qu’il est inacceptable d’introduire des propositions législatives si elles ne peuvent être adoptées qu’avec le soutien de l’AfD. 44 % estiment que c’est acceptable.
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(AB)