Le dialogue de Petersberg confirme l'engagement de l'Allemagne pour le climat
Pour la première fois depuis la catastrophe de Fukushima, la chancelière allemande, Angela Merkel, a plaidé pour des objectifs ambitieux dans la lutte contre le changement climatique lors du dialogue de Petersberg. Un article d'EURACTIV Allemagne.
Pour la première fois depuis la catastrophe de Fukushima, la chancelière allemande, Angela Merkel, a plaidé pour des objectifs ambitieux dans la lutte contre le changement climatique lors du dialogue de Petersberg. Un article d’EURACTIV Allemagne.
Les négociations sur la lutte contre le changement climatique peuvent compter sur un soutien accru de la chancelière allemande, Angela Merkel. Lors de son intervention le 15 juillet lors du cinquième dialogue sur le climat de Petersberg, Angela Merkel a affirmé qu’elle s’engageait à trouver un accord en vue de lutter contre le changement climatique. « Un changement radical est nécessaire au niveau mondial » a-t-elle soutenu.
Il est important de trouver un large consensus à propos des engagements à prendre, a-t-elle expliqué. Les négociations de cette année et de l’année prochaine sont d’une « importance cruciale » dans la lutte contre le changement climatique, a martelé la chancelière allemande. « Maintenant, chaque pays doit dévoiler ses cartes », et « en tant que représentante de l’Allemagne, je peux vous assurer que nous prendrons nos responsabilités », a-t-elle garanti.
« Depuis Fukushima, nous n’avons jamais vu la chancelière allemande aussi volontaire en matière de lutte contre le changement climatique [. . . ] Pour la première fois depuis des années, elle envoie des signaux clairs pour soutenir une politique climatique ambitieuse » s’est félicité Christoph Bals, directeur politique de l’ONG Germanwatch.
La chancelière a ainsi indiqué que l’Allemagne mettrait sur la table 750 millions d’euros en vue de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Berlin veut ainsi renforcer sa contribution au fonds vert pour le climat. Selon Berlin, cette contribution vient s’ajouter aux 3,2 milliards d’euros dépensés ces dernières années par l’Allemagne pour lutter contre le changement climatique.
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À la suite de la Conférence sur le climat de Copenhague de 2009, Angela Merkel a lancé le Dialogue sur le climat de Petersberg : une conférence informelle dont l’objet est de préparer le terrain pour la conférence annuelle de l’ONU sur le climat.
Ce Dialogue est toujours accueilli par l’Allemagne en coopération avec le pays qui reçoit la prochaine conférence onusienne sur le changement climatique. Cette année, c’est au tour du Pérou d’accueillir la vingtième conférence des Parties (COP) qui se tiendra dans la capitale, Lima, à la fin de l’année. La prochaine conférence sur le changement climatique de l’ONU aura lieu à Paris. Objectif : trouver un nouvel accord afin de remplacer le protocole de Kyoto.
Pour la première fois de l’histoire, le futur accord devrait comprendre des objectifs contraignants sur la réduction des émissions de CO2 pour les pays industrialisés, émergents et ceux en voie de développement.
L’ensemble des participants a jusqu’au premier trimestre de 2015 pour soumettre leurs propres objectifs en matière de réduction d’émission de gaz à effet de serre.
La chancelière Angela Merkel a déclaré qu’il y avait des « signes encourageants » dans le domaine. Elle a ainsi indiqué que la Chine par exemple devrait présenter ses objectifs dans les délais impartis.
L’Europe apportera une « contribution importante » dans le cadre des négociations, a souligné Angela Merkel. L’Allemagne souhaite quant à elle réduire ses émissions de CO2 de 40 % d’ici 2020.
La chancelière a néanmoins reconnu qu’il faudrait déployer des « efforts considérables » en vue d’atteindre ces objectifs. Elle a aussi appelé à réformer le marché d’échange de quotas d’émission, véritable pierre angulaire de la stratégie en matière de lutte contre le changement climatique en Europe.
L’Allemagne à la pointe sur le climat
La ministre allemande de l’Environnement, Barbara Hendricks, a promis d’apporter son soutien aux pays en voie de développement qui ont besoin d’assistance technique pour préparer leurs contributions à la conférence onusienne.
« En Allemagne, nous avons une grande expérience dans la mise au point de mesures de protection climatique, mais aussi dans la modélisation de leur impact », indique la ministre.
Le ministère allemand de l’Environnement soutient actuellement 19 pays en voie de développement pour les aider à fixer des objectifs de lutte contre le changement climatique pour 2015 grâce à l’initiative internationale de protection du climat (Internationale Klimaschutzinitiative).
Avant le Dialogue sur le climat, le vice-président de la commission chinoise de développement national et de réforme, Xie Zhenhua, a annoncé que la Chine comptait venir avec des objectifs sur les émissions et fixer une échéance pour inverser la courbe nationale d’émission de gaz à effet de serre.
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L’organisation écologiste d’aide au développement Germanwatch souhaite ainsi que le dialogue sur le climat envoie un « signal d’encouragement pour plus d’initiatives » dans la lutte contre le changement climatique.
« C’est une bonne nouvelle que la Chine ait annoncé son intention de donner un nouveau souffle dans les négociations internationales en se fixant des objectifs ambitieux en matière d’émissions », a expliqué Christoph Bals, directeur politique de Germanwatch.
« Maintenant, la balle est dans le camp de l’Union européenne [. . . ] et elle doit se mettre d’accord sur les objectifs en matière de climat et d’énergie d’ici l’automne. En tant que pays de premier plan de l’UE, l’Allemagne a la capacité de créer un point de rupture définitif dans le rythme des négociations », selon lui.