"Le développement durable passera par les villes"
A l’occasion de la Semaine verte de Bruxelles, qui se déroule du 11 au 15 juin, la commissaire à la communication, Margot Wallström a dévoilé sa « vision » pour la création de villes durables. Parce qu’elles abritent 80% de la population européenne, les villes sont, selon la Commissaire, les véritables clés du développement durable.
A l’occasion de la Semaine verte de Bruxelles, qui se déroule du 11 au 15 juin, la commissaire à la communication, Margot Wallström a dévoilé sa « vision » pour la création de villes durables. Parce qu’elles abritent 80% de la population européenne, les villes sont, selon la Commissaire, les véritables clés du développement durable.
Développements récents et prochaines étapes :
- Septembre 2007: La Commission devrait présenter des options politiques sur les transports urbains (Livre vert).
- Automne 2008: La Commission devrait adopter le plan d’action fondé sur le Livre vert.
Contexte :
L’Union européenne n’a pas de compétences directes en matière d’urbanisme. Mais ses multiples politiques sectorielles dans les domaines du transport, de l’environnement et des affaires sociales ont souvent des répercussions sur l’aménagement des villes, toujours plus grandes et complexes.
Le 24 mai 2007, les ministres européens en charge du développement urbain et de l’aménagement de l’espace, ont jeté les bases d’une nouvelle politique urbaine intégrée en Europe en signant la Charte de Leipzig pour des villes européennes durables (lire l’article d’EURACTIV.com). Elle met l’accent sur l’assistance aux villes dans la lutte contre l’exclusion sociale, les changements structurels, le vieillissement de la population, le changement climatique et la mobilité.
Enjeux :
Le 12 juin 2007, la commissaire en charge de la communication, Margot Wallström, a dévoilé les grandes lignes de la vision de la Commission pour la création de villes durables. « La quête d’un avenir durable sera gagnée ou perdue en zone urbaine ». Elle a également indiqué trois raisons pour lesquelles une vision partagée en matière de politique urbaine était nécessaire au niveau européen et mondial :
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Les villes du monde se développant très rapidement, les problèmes urbains monopoliseront de plus en plus l’attention des gouvernements. Il faudra alors encourager la démocratie participative locale.
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Plus de la moitié des zones urbaines qui existeront à travers le monde en 2030 restent encore à construire. La commissaire Wallström y voit une occasion extraordinaire : « Cela signifie que les villes du monde sont encore une toile vierge qu’on doit peindre, planifier, concevoir puis construire ».
- Les villes jouent le rôle de « moteurs économiques« , comptant pour 80% de la croissance économique mondiale.
M. Wallström souligne que la construction de villes durables ne peut pas être entreprise par les seuls gouvernements. Pour atteindre cet objectif, ils doivent mobiliser les citoyens et les entreprises pour bâtir de nouvelles formes de partenariats.
Positions :
Lors de la séance d’ouverture de la Semaine verte de Bruxelles, la commissaire Wallström a déclaré : « Le 21ème siècle sera sans aucun doute une époque urbaine. Chaque année, 60 millions de personnes viennent grossir les rangs des citadins. D’ici 2050, près de 6 milliards de personnes vivront en zone urbaine ». Elle a souligné que selon les prévisions, l’essentiel de cette croissance concernerait les villes du monde en développement.
« Pour la première fois dans l’histoire, la moitié de la population mondiale vit, tombe amoureuse, consomme et pollue en ville. Dans l’Union européenne, 80% des citoyens vivent déjà en zone urbaine ». La commissaire a précisé : « Les citoyens sont responsables d’environ 75% des émissions globales de CO2 et ils consomment environ la même proportion de ressources naturelles. Imaginez une seconde ce qui se produirait si toutes les villes d’Europe prenaient la décision de supprimer leurs émissions de CO2 ».
« Par ailleurs, de nouvelles données nous montrent que dans 90 ans, un tiers de notre planète pourrait être déserté. Cette désertification signifie que les migrations – concernant pour la plupart des réfugiés climatiques – rendront plus vive la pression exercée sur les villes. Encore une fois, ce phénomène n’est pas loin : il est déjà en cours en Afrique et, dans une certaine mesure, en Australie et en Europe méridionale ». « Les principaux défis auxquels l’humanité est confrontée, comme la santé publique, le développement économique, la pauvreté, l’énergie, l’épuisement des ressources et la qualité de l’environnement, sont liés aux villes. Et ces défis grandiront au même rythme que les villes du monde ».
Certaines villes en Europe ont déjà pris des initiatives. A l’exemple de celles qui ont rejoint la Charte d’Aalborg +10, créée en 1994. Plus de 2500 villes européennes ont signé ce document, qui prévoit la mise en place d’une « économie locale vivante qui donne accès à l’emploi sans porter préjudice à l’environnement » et d’une « gestion vers la durabilité ». Quarante et une villes françaises l’ont signé, dont de grandes agglomérations comme Lille, Toulouse, Rennes, Angers ou Strasbourg.