Le « coup d’état » de Johnson suscite des violentes réactions

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LONDRES

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s’est heurté hier aux critiques de tout le spectre politique, après avoir demandé à la Reine d’approuver une dissolution temporaire du Parlement, ce que Sa Majesté a approuvé.

Cette décision a été prise un peu plus de deux mois avant la date prévue de départ du Royaume-Uni de l’UE. Elle risque de limiter les possibilités pour les députés d’empêcher Boris Johnson de faire sortir le Royaume-Uni de l’UE sans accord.

Le Parlement, qui sort tout juste de 6 semaines de pause estivale, sera suspendu du 10 septembre au 14 octobre, date à laquelle le discours de la Reine sera prononcé – établissant le programme du nouveau gouvernement.

Les ministres du Cabinet n’étaient tous pas au courant de l’intention du Premier ministre britannique de demander l’intervention de la Reine, ce qui a provoqué des protestations tant de la part des opposants politiques de Johnson que de certains membres de son propre parti.

Une source de Westminster a également informé Euractiv que l’humeur des députés conservateurs d’arrière-ban était « très divergente » – certains réagissant avec approbation et d’autres critiquant ouvertement la tentative de Johnson d’étouffer l’opposition pour parvenir à ses fins.

L’ancien chancelier et député Phillip Hammond a condamné ces mesures comme étant « un outrage constitutionnel » et « profondément antidémocratique ».

La députée pro-UE Anna Soubry, qui s’était rebellée contre la position du gouvernement sur le Brexit et avait quitté le Parti conservateur pour former un nouveau groupe à la Chambre des communes, a accusé Johnson d’ « abuser de la Reine et de la mettre dans une position très difficile ».

Fait inhabituel, le Président de la Chambre, John Bercow, est également intervenu dans le débat, affirmant qu’il est « clairement évident » que l’intention de Johnson était « d’empêcher le Parlement de débattre du Brexit et de remplir son devoir en traçant une voie pour le pays ».

Nicola Sturgeon, le chef du Parti national écossais, a également pris la parole, qualifiant Johnson de « dictateur de pacotille », tandis que le chancelier de l’opposition, John McDonnell, a qualifié ces plans de « coup d’État très britannique ».

Pendant ce temps, les mots adressés au palais par le chef libéral démocrate, Jo Swinson, et Jeremy Corbyn, du Parti travailliste, sont restés lettre morte.

Jeremy Corbyn a confirmé mercredi que le Parti travailliste déposerait un projet de loi la semaine prochaine pour empêcher M. Johnson de fermer le Parlement et qu’il présenterait une motion de censure à l’égard du gouvernement. Sa position, cependant, a provoqué une réaction de l’autre côté de l’Atlantique, le président américain Donald Trump affirmant qu’il serait « très difficile » pour Jeremy Corbyn d’obtenir un vote de défiance.

La dissolution du Parlement par Boris Johnson aura pour effet de réduire considérablement le nombre de jours où les députés siègent à la Chambre des communes, jusqu’à la date du retrait du Brexit.

Cependant, le Premier ministre britannique a déclaré mercredi qu’il y aurait « largement le temps » autour du sommet du Conseil européen du 17 octobre, « pour que les députés puissent débattre de l’UE et du Brexit ».

À Bruxelles, une source associée à la Taskforce Brexit de la Commission européenne a informé Euractiv que « l’hypothèse de travail du département est que le Brexit aura lieu le 31 octobre ».

(Samuel Stolton, Euractiv.com)

BERLIN

Pollution par les nitrates. La ministre allemande de l’Environnement, Svenja Schulze, et la ministre de l’Agriculture, Julia Klöckner, ont rencontré le 28 août le commissaire à l’Environnement, Karmelu Vella, pour discuter de la violation continue de la directive européenne sur les nitrates. L’exécutif de l’UE a déclaré que l’Allemagne était sur la bonne voie, mais que les mesures prévues devaient être élaborées plus précisément et, surtout, beaucoup plus rapidement. « Il y aura des mesures plus strictes », a dit Julia Klöckner. Les nouvelles règles signifient « de très, très gros efforts pour les agriculteurs », a-t-elle ajouté. (Claire Stam, Euractiv Allemagne)

MADRID

L’impasse politique bloque les financements européens en Espagne. Un juge espagnol a déclaré qu’un exécutif par intérim n’était pas autorisé à fournir un financement supplémentaire aux communautés et régions autonomes. Mardi, il a envoyé une lettre au ministère des Finances expliquant qu’il est illégal de débloquer des fonds (dans ce cas précis : des avances) d’un montant de 5 milliards d’euros pour les communautés autonomes, en raison de l’impasse politique actuelle, a indiqué EFE, le partenaire d’Euractiv.

Malgré les revendications de la région de Catalogne et les demandes du Parti populaire (PP) conservateur de permettre le déblocage de ces fonds, l’avocat de l’État espagnol a rappelé qu’un gouvernement par intérim avait des pouvoirs « limités » et ne pouvait pas prendre des décisions qui pourraient affecter la performance d’un futur gouvernement.

Plusieurs gouvernements autonomes espagnols ont fait part de leurs préoccupations face à l’impasse politique et à l’absence d’un budget national adéquat, ce qui les oblige à réduire les dépenses publiques. La ministre des Finances par intérim, María Jesús Montero, a promis de trouver une solution « temporaire » (Euroefe).

ROME

Vers un nouveau gouvernement. A l’issue de la deuxième série de pourparlers avec le président Sergio Mattarella, le Parti démocratique (PD) de centre-gauche et le Mouvement cinq étoiles ont annoncé qu’ils tenteraient de former une nouvelle coalition gouvernementale dans les prochains jours. Aujourd’hui (29 août), Giuseppe Conte doit rencontrer le Président Mattarella et recevoir un nouveau mandat pour présenter son équipe, probablement au début de la semaine prochaine.

Cependant, les deux partis, qui ont longtemps été rivaux, ont jusqu’à présent seulement convenu que le Premier ministre sortant Giuseppe Conte devrait être Premier ministre, mais n’ont toujours pas abordé la question des autres postes gouvernementaux de haut niveau ou de la rédaction d’un programme gouvernementale commun (Gerardo Fortuna, Euractiv.com).

ATHÈNES

Le Premier ministre grec à Berlin. Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, et le ministre des Finances, Christos Staikouras, se rendent aujourd’hui à Berlin pour rencontrer la chancelière, Angela Merkel, et le ministre des Finances, Olaf Scholtz, afin de présenter les réformes du nouveau gouvernement et leur plan pour attirer les investissements étrangers directs. Le Cabinet a approuvé hier un projet de loi sur les investissements visant à réduire la bureaucratie, à réduire les obstacles à l’investissement et à accélérer l’octroi de licences aux entreprises. (Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce)

Retour de la rougeole. Athènes s’alarme de nouvelles données publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) suggérant que la Grèce n’appartient plus au groupe des pays où la rougeole est considérée comme éliminée. Le groupe comprend le Royaume-Uni, l’Albanie et la République tchèque.

BRATISLAVA

Prêt à bloquer l’accord Mercosur. La ministre slovaque de l’Agriculture Gabriela Matečná (SNS) est prête à bloquer l’accord commercial avec le Mercosur. « La raison en est les scandales alimentaires du passé, les normes de qualité et de sécurité alimentaire médiocres, mais surtout la dévastation des forêts tropicales amazoniennes », a déclaré le ministère. Gabriela Matečná a déclaré que la position du Brésil sur cette question était « inacceptable » et a appelé l’UE à utiliser tous les moyens à sa disposition, y compris la pression économique, pour changer cette approche.

La Slovaquie a ses propres problèmes de déforestation, dus à une exploitation forestière excessive et parfois illégale. Gabriela Matečná a récemment refusé de suspendre l’exploitation forestière, même temporairement, affirmant que la déforestation était causée par le changement climatique. (Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie)

PRAGUE

Les Tchèques lorgnent le portefeuille économie numérique ou commerce extérieur. « Nous avons débattu de plusieurs options [des portefeuilles de la Commission européenne], mais je ne peux pas en parler publiquement », a déclaré la candidate tchèque à la nouvelle Commission et commissaire actuelle, Vera Jourova, à la suite d’une réunion avec la future présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Vera Jourova est actuellement en charge du portefeuille Justice, droits des consommateurs et égalité des genres et aimerait passer à l’économie numérique ou au commerce extérieur. Selon le Premier ministre Andrej Babis, les Tchèques s’intéressent au poste de vice-président de la CE et à un portefeuille économique solide. (Ondřej Plevák, Euractiv République tchèque)

SOFIA

Von de Leyen en Bulgarie. Le Premier ministre Boyko Borissov recevra jeudi la présidente élue de la Commission Ursula von der Leyen, a annoncé le service de presse du gouvernement. Les deux discuteront, semble-t-il, des affaires européennes et mondiales. En ce qui concerne la candidate bulgare à la fonction de commissaire, Mariya Gabriel, Borissov a déclaré à plusieurs reprises qu’il aimerait lui confier un portefeuille « moderne », mentionnant l’économie numérique, les technologies de l’information et la cybersécurité. (Georgi Gotev, Euractiv.com)

BELGRADE

Borrell et le Premier ministre serbe. Selon la Première ministre serbe, Ana Brnabi, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Borrell, a déclaré que lorsqu’il deviendra le nouveau chef de la diplomatie de l’UE, l’une de ses priorités sera la résolution finale du problème du Kosovo. Elle a déclaré que la nomination de M. Borrell était « une bonne décision pour l’UE, non pas en raison des opinions de la Serbie, mais plutôt parce que Bruxelles a besoin de moins de bureaucrates et de personnes plus directes et courageuses comme M. Borrell ». (Euractiv Serbie)