Le coup de pouce européen pour l'emploi de jeunes en France
La rallonge budgétaire européenne contre le chômage des jeunes en France vient d’être validée par Bruxelles. Mais l’exécutif européen reste critique par rapport aux dispositifs français.
La rallonge budgétaire européenne contre le chômage des jeunes en France vient d’être validée par Bruxelles. Mais l’exécutif européen reste critique par rapport aux dispositifs français.
Le programme français en faveur de l’emploi des jeunes vient d’obtenir la bénédiction de la Commission européenne.
La France est ainsi le premier pays à prendre sa part du gâteau de 6 milliards d’euros débloqués par l’Union européenne afin de lutter contre le chômage des jeunes dans les régions les plus touchées par le phénomène.
Une part importante, puisque la France recevra en tout 620 millions d’euros sur les années 2014-2015. « La France est le troisième État membre bénéficiaire de ces financements, derrière l’Espagne et l’Italie. » s’est félicité le ministre du Travail, François Rebsamen.
Cette rallonge budgétaire, baptisée initiative pour l’emploi des jeunes, devait permettre aux Etats membres de l’UE d’accélérer leurs politiques nationales de lutte contre le chômage des moins de 25, qui atteint des sommets dans plusieurs pays depuis le début de la crise.
>>Lire : Comment l’UE lutte pour l’emploi des jeunes
Et d’atteindre les objectifs fixés par la garantie pour la jeunesse européenne, qui vise à fournir à tous les jeunes de moins de 25 ans un emploi, une formation continue, un apprentissage ou un stage dans les quatre mois suivants la perte de leur emploi ou leur sortie de l’enseignement.
«L’initiative pour l’emploi des jeunes profitera directement à environ un million de jeunes Français qui sont actuellement sans emploi et qui ne suivent ni études, ni formation», a déclaré László Andor, commissaire chargé de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion.
En France, les fonds européens seront concentrés sur 13 régions particulièrement touchées par le chômage des moins de 25 ans, comme l’Aquitaine, le Languedoc-Roussillon, la Martinique, le Nord-Pas-de-Calais. Trois départements français vont aussi bénéficier des crédits européens. Depuis 2007, le chômage des moins de 25 ans est passé de19 % à 24,8% en 2013, selon les données d’Eurostat
Critiques sur les dispositifs français
Les fonds européens attribués à la France sont destinés à renforcer les initiatives en faveur de l’emploi des jeunes mises en place par le gouvernement, parmi lesquelles la garantie jeunes ou l’école de la deuxième chance.
Mais alors que la France vient d’obtenir le déblocage des fonds, la Commission européenne se montre sévère sur l’efficacité des dispositifs nationaux.
« Les services publics d’aide à l’emploi des jeunes (dénommés missions locales) éprouvent des difficultés à proposer des services appropriés aux demandeurs d’emploi » souligne l’exécutif européen dans son évaluation du programme de réforme de la France pour 2014 publié le 2 juin.
Selon la Commission, le dispositif de la garantie pour la jeunesse français est également critiquable. Les mesures prises par la France dans la mise en place de cette garantie « demeurent insuffisantes ».
« À ce stade, des doutes subsistent quant à la qualité effective de ce soutien […]. En outre, compte tenu du fait que le nombre de jeunes inscrits s’élève à 674 000 personnes, ce dispositif de garantie ne permet de lutter que contre une petite partie du chômage global des jeunes » détaille la Commission.
Pour l’heure, la garantie jeune « à la française » s’adresse seulement à 10 000 jeunes de 18-25 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) et en grande précarité. À partir d’octobre 2014, le dispositif devrait être étendu à 20 000 jeunes supplémentaires, puis être généralisé à l’ensemble du territoire français dès 2016. L’objectif sera alors d’accompagner la recherche d’emploi de 100 000 jeunes par an.
La Commission pointe également du doigt les mécanismes de coordination entre les différents acteurs de cette garantie jeunes. « La France n’a pas mis en place de guichets uniques où s’adresser systématiquement pour obtenir des informations » explique Bruxelles.