Le conflit commercial avec la Chine pénalise les vins et spiritueux français
La France, premier exportateur de vins et spiritueux de l’Union européenne (UE), a vu ses recettes baisser pour la deuxième année consécutive, a annoncé mardi le représentant français du secteur lors d’une conférence de presse.
La France, premier exportateur de vins et spiritueux de l’Union européenne (UE), a vu ses recettes baisser pour la deuxième année consécutive, a annoncé mardi le représentant français du secteur lors d’une conférence de presse.
Selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS), les ventes ont atteint 15,6 milliards d’euros en 2024. Ils accusent ainsi une baisse de 4 % par rapport aux 16,2 milliards de 2023, une année déjà marquée par une baisse de 5,9 % du chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente.
« Bien qu’il reste le troisième excédent commercial de la France, le secteur des vins et des spiritueux voit néanmoins son solde s’éroder », a souligné Gabriel Picard, président de la FEVS, lors d’une conférence de presse ce mardi.
Selon l’industrie, la raison principale du déclin des revenus français est le différend entre l’UE et la Chine sur le cognac.
La dispute a commencé lorsque la Chine a lancé une enquête antidumping sur les spiritueux européens importés dans le pays le 5 janvier. Cela a eu lieu quelques mois seulement après que Bruxelles a commencé à enquêter sur les subventions chinoises pour les véhicules électriques.
Selon la FEVS, le différend a entraîné une baisse de 20 % de la valeur des exportations de spiritueux français par rapport aux exportations de la Chine. La fédération a également invoqué les incertitudes géopolitiques en Chine et aux États-Unis pour expliquer ce déclin.
Les ventes vers les États-Unis se portent bien. Elles ont atteint 3,8 milliards d’euros en 2024, soit une hausse de 5 points de pourcentage par rapport à 2023. Mais les nouveaux droits de douane imposés par Donald Trump pourraient tout bouleverser.
La France est également confrontée à une concurrence accrue sur son propre territoire.
Si l’Italie reste le premier exportateur de vin en Europe en termes de volume, avec 10 millions d’hectolitres exportés en 2023-2024, la France arrive en deuxième position avec 6,7 millions d’hectolitres sur la même période, selon les données d’Eurostat.
Les ventes de champagne, qui représentent la plus grande part des expéditions en valeur, ont chuté de 8 % en 2024. Cela est du à une concurrence européenne de plus en plus forte sur le marché des vins pétillants, tandis que les ventes de vins tranquilles se maintiennent (-0,5 %).
« Nous attendons de nos dirigeants européens et français qu’ils soient pleinement conscients que notre industrie a besoin d’être soutenue et accompagnée de la bonne manière », a ajouté Gabriel Picard.
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(AB)