Le commissaire Várhelyi nie toute implication dans l’affaire d’espionnage hongrois présumé, selon la Commission

Le commissaire européen Olivér Várhelyi affirme n’avoir eu aucune connaissance d’éventuelles opérations d’espionnage menées par la Hongrie contre la Commission européenne, a indiqué lundi 13 octobre une porte-parole de l’exécutif de l’UE. Ces activités auraient pu se dérouler alors qu’il représentait la Hongrie à Bruxelles en tant que diplomate.

/ EURACTIV.com
Henna Virkkunen – Oliver Varhelyi press conference in Brussels
Olivér Várhelyi, commissaire européen à la Santé et au Bien-être animal. [Getty Images/Dursun Aydemir_Anadolu]

En poste à la Commission européenne depuis 2019, le Hongrois Olivér Várhelyi est actuellement chargé des questions de santé et de bien-être animal.

Selon la porte-parole de la Commission Paula Pinho, il a démenti toute implication lors d’un entretien avec la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, dimanche 12 octobre.

Cette rencontre est intervenue après l’annonce, le 9 octobre, de l’ouverture par la Commission d’une enquête administrative sur des soupçons selon lesquels Budapest aurait envoyé des agents de renseignements à Bruxelles pour recueillir des informations sur les institutions européennes et tenter de recruter un fonctionnaire de l’UE.

Ces soupçons font suite à une enquête conjointe menée par plusieurs médias — Der Standard (Autriche), De Tijd (Belgique), Direkt36 (Hongrie) et Der Spiegel (Allemagne) — qui affirment que des agents des services secrets hongrois auraient opéré sous couverture diplomatique afin d’infiltrer les institutions européennes. À cette époque, Olivér Várhelyi occupait le poste d’ambassadeur de Hongrie auprès de l’UE.

Les rapports indiquent en outre qu’un agent, qui a occupé le poste de diplomate au sein du département de la politique de cohésion de l’ambassade de Hongrie entre 2015 et 2017, aurait approché des fonctionnaires afin d’obtenir et de transmettre des informations confidentielles, telles que des comptes rendus de réunions, et de manipuler des documents au profit du gouvernement du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, en échange d’une rémunération.

La Hongrie a elle aussi réagi aux allégations. « Les allégations publiées [la semaine dernière] ne sont rien d’autre qu’une campagne de dénigrement contre la Hongrie », a déclaré la semaine dernière Zoltán Kovács, porte-parole international du pays.

Les États membres de l’UE n’ont jusqu’à présent pas fait part de leurs préoccupations officielles à Ursula von der Leyen au sujet de ces allégations, a précisé Paula Pinho lundi.

Au Parlement européen, l’eurodéputé socialiste belge Elio Di Rupo (S&D) a proposé la création d’une commission d’enquête parlementaire pour examiner la question.

L’ONG Transparency International a appelé le Parlement à le faire « afin de déterminer l’ampleur de ces attaques présumées contre les institutions démocratiques ».

Olivér Várhelyi n’a pas répondu à nos demandes de commentaires avant la publication de cet article.

(asg)