Le commissaire Oettinger à l'Europe : quitte ou double sur les énergies renouvelables
L'Europe va devoir doubler ses dépenses en énergies renouvelables si elle veut tenir ses promesses en matière d'énergie d'ici 2012, a déclaré le commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger.
L'Europe va devoir doubler ses dépenses en énergies renouvelables si elle veut tenir ses promesses en matière d'énergie d'ici 2012, a déclaré le commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger.
Il s’est exprimé alors que la Commission vient de publier des statistiques révélant que les pays de l’UE ont largement échoué quant aux objectifs qu’ils s’étaient fixés en matière d’énergie et de transport pour 2010.
« Certains pays ont fait des progrès et sont bien partis pour atteindre leurs objectifs ou pour les dépasser, mais d’autres sont à la traîne », a déclaré M. Oettinger.
« Nous sommes sur la bonne voie mais il faut prendre le rythme ».
Atteindre 70 milliards d’euros
Pour atteindre les objectifs énergétiques de l’UE, M. Oettinger a appelé à doubler les investissements de capital dans les énergies renouvelables de 35 à 70 milliards d’euros.
Cela nécessiterait une utilisation substantielle des plans d’aide nationaux, a-t-il affirmé. Mais il n’a fixé aucun délai pour mettre une telle mesure en place.
« Nous aurions besoin de doubler l’investissement sur les prochaines années », a-t-il déclaré.
L’UE s’est engagée à augmenter de 20 % la part d’énergies renouvelables dans son bouquet énergétique d’ici 2020, si l’on compare aux niveaux de 1990.
Mais les derniers chiffres montrent que seulement sept pays européens, le Danemark, l’Allemagne, la Hongrie, l’Irlande, la Lituanie, la Pologne et le Portugal, pensent atteindre ou dépasser leurs objectifs en matière d’énergie renouvelable pour 2010, selon leurs plans d’actions nationaux.
Du fait de la différence entre les attentes énoncées dans les projets et la réalité, la Commission pense que la Suède, la Belgique et les Pays-Bas sont plus en avance sur la voie de l’énergie propre que la Lituanie, la Pologne et le Portugal.
Les chiffres concernant l’incorporation d’énergies renouvelables, telles que les biocarburants et la biomasse, dans le secteur des transports semblent plus satisfaire la Commission
L’Autriche, la Finlande, l’Allemagne, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, l’Espagne et la Suède devraient tous dépasser leurs objectifs pour 2020.
Mais alors que les progrès de la Finlande, de Malte et de l’Espagne sont mis en doute par la Commission, la France, la Hongrie, la Lituanie et la Slovaquie semblent obtenir un meilleur résultat.
Vers un financement intelligent
L’UE a pour objectif d’augmenter la part d’énergies renouvelables dans les transports de 10 % d’ici 2020.
« Nous devons investir plus dans les énergies renouvelables et nous avons besoin d’un financement intelligent, avec un bon rapport coût/efficacité », a déclaré M. Oettinger.
« Si les Etats membres travaillent ensemble et produisent de l’énergie renouvelable là où elle coûte moins cher, les entreprises, les consommateurs et les contribuables en bénéficieront », a-t-il ajouté.
Les Verts au Parlement européen ont accueilli cette constatation de l’importance des programmes d’aide nationaux mais ont dit que la Commission devait elle aussi accélérer son action si elle voulait remplir les objectifs.
« Malheureusement, la Commission traîne encore des pieds sur la question des biocarburants renouvelables », a déclaré l’eurodéputé vert luxembourgeois Claude Turmes.
Il a appelé à la mise en place urgente de règles destinées à prendre en compte l’impact des biocarburants sur les modifications indirectes de l’affectation des sols (ILUC).
Lorsque les cultures sont détournées pour produire des biocarburants tels que l’éthanol ou le biodiesel à un endroit, des forêts intactes sont souvent rasées à un autre endroit pour compenser.
Le résultat net peut se traduire par des émissions de carbone.
« Retarder l’action sur cette question va mener à de sérieux dommages environnementaux et finalement minimiser la politique européenne sur le changement climatique », a déclaré M. Turmes.