Le commissaire français Thierry Breton explique démissionner sous la pression d'Ursula von der Leyen

Thierry Breton, commissaire au Marché intérieur également en charge de la technologie et de la défense, a annoncé sa démission de la Commission européenne lundi 16 septembre, dans un dernier mouvement visant à remettre en cause la légitimité d’Ursula von der Leyen.

/ Euractiv.com
EU Commission weekly college meeting
L’Union européenne (UE) débloquera rapidement des fonds du Fonds de solidarité de l’UE pour les réparations et 10 milliards d’euros du Fonds de cohésion pour les réparations les plus urgentes, a annoncé Ursula von der Leyen. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Thierry Breton, commissaire au Marché intérieur, également en charge de la technologie et de la défense, a annoncé sa démission de la Commission européenne lundi 16 septembre, en ne manquant pas d’envoyer une dernière pique à Ursula von der Leyen.

Thierry Breton était commissaire européen depuis cinq ans au sein du Collège de la présidente Ursula von der Leyen. Il avait été nommé une nouvelle fois à ce poste par le président français Emmanuel Macron cet été.

« Vous avez demandé à la France de retirer mon nom — pour des raisons personnelles qu’en aucun cas vous n’avez discutées directement avec moi — et avez offert, en guise de compromis politique, un portefeuille prétendument plus influent pour la France dans le futur collège », a écrit Thierry Breton dans une lettre adressée à Ursula von der Leyen et publiée sur X.

Ursula von der Leyen avait demandé aux États membres de privilégier la nomination de femmes pour atteindre la parité au sein du Collège de commissaires.

Mais Thierry Breton, dans sa lettre de démission, l’accuse de proposer d’échanger des noms contre des portefeuilles plus attrayants.

Impossible de savoir si son appel au changement de nom est basé sur des questions de parité ou des divergences d’opinion. Et le flou demeure sur le fait de savoir si la France nommera une femme à la place de Thierry Breton.

La vice-présidente du groupe des Verts au Parlement européen, Marie Toussaint, a demandé sur X au président Emmanuel Macron de nommer une femme.

Thierry Breton s’est souvent opposé à Ursula von der Leyen au cours des derniers mois. En mars, il a ouvertement critiqué sa candidature en tant que tête de liste du Parti populaire européen (PPE) dans la campagne pour les européennes.

Avec le soutien d’autres commissaires, il lui a demandé en avril de revoir sa décision de nommer Markus Pieper en tant qu’envoyé pour les petites et moyennes entreprises (PME), suggérant que son choix d’un collègue affilié à l’Union chrétienne-démocrate allemande (CDU/PPE) était une manœuvre politique.

Thierry Breton a ensuite exhorté Elon Musk, propriétaire de X, à se conformer à la loi de l’UE sur la modération des contenus en ligne (Digital Services Act/DSA) avant l’interview en direct d’Elon Musk avec le candidat à la présidence des États-Unis, Donald Trump, le 12 août.

La Commission a par la suite confirmé que cette décision avait été prise sans consultation préalable du Collège des commissaires, et une source liée au cabinet d’Ursula von der Leyen a déclaré à Euractiv qu’elle « n’avait jamais été aussi en colère » pour avoir discrédité l’application du DSA. Les organisations de la société civile avaient également fortement critiqué Thierry Breton.

La demande de changement de nom d’Ursula von der Leyen, que Thierry Breton suspecte d’être une stratégie politique, est « un témoignage supplémentaire d’une gouvernance douteuse », écrit-il dans sa lettre de démission.

Parallèlement à sa lettre, il a également publié un cadre avec une toile vierge intitulé « mon portrait officiel pour le prochain mandat de la Commission européenne ».

On ne sait pas encore si Thierry Breton rejoindra le nouveau gouvernement français, qui devrait être annoncé cette semaine.