Le commissaire désigné Glenn Micallef face à d’épineuses questions de société lors de son audition parlementaire

Le Maltais Glenn Micallef, commissaire désigné pour la Jeunesse et le Sport, a dû répondre à des questions épineuses, notamment sur la participation des personnes transgenres aux sports féminins, lors de son audition au Parlement européen lundi 4 novembre.

/ EURACTIV.com
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Audition de confirmation de Glenn MICALLEF, Commissaire européen désigné pour l'Equité intergénérationnelle, la Jeunesse, la Culture et le Sport. [Parlement européen]

Le Maltais Glenn Micallef, commissaire désigné pour la Jeunesse et le Sport, a dû répondre à des questions épineuses, notamment sur la participation des personnes transgenres aux sports féminins, lors de son audition au Parlement européen lundi 4 novembre.

Âgé de 35 ans, Glenn Micallef est le plus jeune aspirant commissaire de la législature 2024-2029. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, lui a confié le portefeuille nouvellement créé de l’Équité Intergénérationnelle, de la Jeunesse, de la Culture et des Sports. Mais pour obtenir le poste, le Maltais doit d’abord obtenir l’approbation de la commission de la Culture et de l’Éducation du Parlement européen (CULT).

Et son audition lundi 4 novembre au Parlement a été marquée par des questions sociétales très sensibles — comme la participation des femmes transgenres aux sports féminins et la santé mentale des enfants — ainsi que par des questions plus techniques sur les droits d’auteur.

Selon des sources parlementaires, il est fort probable que le Maltais reçoive le feu vert des eurodéputés.

Transgenrisme et équité sportive

Interrogé par les eurodéputés sur l’égalité de rémunération entre les athlètes féminins et masculins, Glenn Micallef a souligné que les organisations sportives étaient autonomes, mais qu’elles étaient tenues de respecter les lois de l’Union européenne (UE).

Des eurodéputés de droite lui ont aussi demandé sa position sur la participation des athlètes femmes transgenres aux sports féminins. Ce à quoi il a répondu que ces questions devaient être laissées à l’appréciation des organisations sportives, tout en insistant sur le caractère « non négociable » des valeurs de l’UE, comme l’égalité.

Certains députés européens ont applaudi lorsque le Maltais a déclaré que « le sport est pour tout le monde, quelle que soit votre origine, votre sexe ou votre identité. Parce que c’est l’Union à laquelle je crois, une union d’égalité ».

Glenn Micallef s’est ensuite refusé à définir le mot « femme » comme le Croate Stephen Bartulica, membre du groupe d’extrême droite des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), le lui demandait.

Santé mentale des enfants

Au cours de son audition, Glenn Micallef a affirmé que « le temps excessif passé devant un écran cause des dommages, des dommages physiques, des dommages psychologiques, ainsi que des dommages sociétaux ». Il est revenu sur ce point à plusieurs reprises lorsqu’on lui a posé des questions sur l’amélioration de la santé mentale des enfants et des jeunes.

« C’est un sujet sur lequel je travaillerai en priorité, en examinant spécifiquement l’impact [des écrans] sur les enfants », a-t-il déclaré, affirmant que la promotion du sport et de la culture offrirait aux plus jeunes « une alternative plus saine et plus viable ».

Glenn Micallef a ensuite été interrogé sur son programme en faveur de la santé mentale des jeunes et sur son plan de lutte contre le harcèlement en ligne.

« Nous avons besoin d’une stratégie qui prenne réellement en compte le fait que plus les gens passent de temps en ligne, plus le risque et l’exposition à la cyberintimidation augmentent », a insisté Glenn Micallef.

Il a ensuite présenté une stratégie reposant sur quatre piliers pour lutter contre le harcèlement en ligne, qui comprend une définition européenne commune et un signalement plus efficace de la cyberintimidation.

« Mais nous devons également promouvoir d’autres politiques, telles que le sport pour donner aux jeunes et aux enfants des moyens de remplacer le temps passé devant les écrans par des options plus saines », a-t-il insisté.

L’eurodéputée française affiliée au groupe des Patriotes pour l’Europe Malika Sorel, a de son côté demandé si le Maltais condamnerait une déclaration attribuée à Ylva Johansson, la commissaire sortante aux Affaires européennes, et qui semblait indiquer qu’un enfant était capable de consentir à des activités sexuelles.

Glenn Micallef n’a pas explicitement condamné la déclaration, mais a souligné que « nous avons l’obligation morale et légale de protéger nos enfants ».

Une rémunération équitable pour les artistes européens

Le candidat maltais a également abordé la situation financière des artistes européens, et certains législateurs l’ont interrogé sur la difficulté d’obtenir des rémunérations pour l’utilisation des œuvres de ces derniers sur des plateformes et hors de l’UE.

« 7,7 millions de personnes travaillent dans le milieu [artistique] », a rappelé Glenn Micallef. « 46 % d’entre elles déclarent être confrontées à de mauvaises conditions de travail, et 68 % d’entre elles doivent avoir deux emplois pour joindre les deux bouts. »

La Française Catherine Griset, du Rassemblement national (Patriotes pour l’Europe) a interrogé Glenn Micallef sur une décision de la Cour de justice de l’UE (CJUE) qui permet aux musiciens du monde entier de réclamer le paiement de redevances lorsque leur œuvre est jouée publiquement au sein de l’Union, mais qui ne permet pas aux musiciens européens d’obtenir des paiements similaires hors de celle-ci.

Le commissaire désigné a répondu en affirmant qu’il soutenait « tous les outils et tous les moyens à notre disposition en ce qui concerne les droits d’auteur et les initiatives qui protègent notre secteur culturel ».

De même, l’eurodéputé écologiste allemand Erik Marquardt a demandé au Maltais comment ce dernier comptait résoudre les problèmes auxquels les artistes sont confrontés lorsqu’ils reçoivent des redevances des plateformes en ligne.

« Nous avons besoin de cadres solides qui soutiennent nos artistes, de cadres solides qui garantissent qu’ils sont équitablement rémunérés », a-t-il répondu. Il a ensuite affirmé que la législation existante — telle que le règlement sur l’intelligence artificielle (AI Act) et le règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA), qui réglemente les plateformes en ligne — « fournit déjà une bonne base pour la mise en œuvre ».

Glenn Micallef a conclu en ajoutant qu’une évaluation de la manière dont les règlements existants sont appliqués permettrait de déterminer ce qu’il reste à faire.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]