Le commissaire à l’Agriculture veut prolonger les interdictions d’importation de certains produits ukrainiens
Selon le commissaire européen à l’Agriculture, les restrictions commerciales temporaires portant sur quatre produits agricoles en provenance d’Ukraine et s’appliquant à cinq pays de l’UE doivent être prolongées au moins jusqu’au mois d’octobre.
Selon le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, les restrictions commerciales temporaires portant sur quatre produits agricoles en provenance d’Ukraine et s’appliquant à cinq pays de l’Union européenne situés « en première ligne » doivent être prolongées au moins jusqu’au mois d’octobre.
Les mesures préventives exceptionnelles et temporaires, qui expirent lundi prochain (5 juin), concernent le blé, le maïs, le colza et les graines de tournesol en provenance d’Ukraine.
Dans le cadre de l’accord politique global conclu début mai par l’exécutif européen et la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie, ces produits ne peuvent pas entrer sur le territoire de ces cinq pays proches de l’Ukraine, sauf s’ils sont destinés à être exportés vers d’autres États membres de l’UE ou vers des pays tiers.
Cet accord était nécessaire car la libéralisation temporaire des échanges, initialement destinée à aider l’Ukraine à exporter ses produits agricoles, a entraîné un afflux de marchandises ukrainiennes bon marché en Europe de l’Est. Cette situation a fait chuter les prix sur les marchés locaux et a poussé les agriculteurs au bord du gouffre, ce qui a incité certains de ces pays à appliquer des interdictions unilatérales sur toutes les importations de produits agricoles ukrainiens.
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L’interdiction régionale de l’UE expirant lundi prochain, M. Wojciechowski estime qu’elle devrait être prolongée, « au mieux jusqu’à la fin de l’année, mais au minimum jusqu’à la fin du mois d’octobre de cette année ».
Selon lui, si ces mesures ne sont pas prolongées, les cinq États membres déjà touchés par l’afflux de marchandises ukrainiennes pourraient rencontrer des problèmes lors de leurs récoltes, car les agriculteurs ne videront pas leurs entrepôts avant cette période.
« [Si nous ne maintenons pas les restrictions], il n’y aura pas d’effet sur les agriculteurs et le problème restera le même, peut-être [sera-t-il] plus important que par le passé », a déclaré le commissaire. Il a ajouté qu’en 2024, la pression des exportations sur les pays « en première ligne » devrait diminuer, car la récolte de l’Ukraine pour 2023 devrait être inférieure de 40 % à celle de l’année précédente.
« La libéralisation des échanges faisait partie [des mesures de] soutien à l’Ukraine [adoptées par] l’Union européenne, mais le coût de ce soutien a été principalement payé par les agriculteurs de ces cinq États membres », a déclaré M. Wojciechowski mardi (30 mai) après la réunion mensuelle des ministres de l’Agriculture des Vingt-Sept.
Selon les chiffres de la Commission, la valeur des importations agroalimentaires de l’Ukraine vers les cinq pays voisins a augmenté de plus de 5 milliards d’euros après l’introduction du régime de libéralisation des échanges avec l’Ukraine.
Toutefois, le ministre ukrainien de l’Agriculture, Mykola Solskiy, qui avait été invité à la réunion avec ses homologues européens, a appelé les États membres de l’UE à lever les restrictions commerciales régionales.
« Nous devons prendre très au sérieux les préoccupations exprimées par l’Ukraine », a déclaré M. Wojciechowski.
En parallèle, il a présenté une situation dans laquelle les États membres de l’UE « en première ligne » pourraient à nouveau adopter des interdictions unilatérales à l’avenir, ce qui ne serait « avantageux ni pour les agriculteurs ukrainiens ni pour l’Union européenne ».
M. Wojciechowski a également souligné qu’il présentait sa position personnelle et qu’il ne pouvait faire « aucune déclaration contraignante sur l’extension de l’interdiction » puisque « rien n’a encore été décidé par la Commission ».
La levée des interdictions unilatérales constitue également une condition préalable à l’octroi aux États membres de l’UE d’une aide de 100 millions d’euros destinée à alléger la pression exercée sur leurs agriculteurs.
La Roumanie avait seulement menacé d’adopter une interdiction nationale sans la mettre en place, mais la Pologne, la Slovaquie et la Bulgarie et la Hongrie avaient sauté le pas. Les trois premiers pays ont ensuite supprimé leurs mesures unilatérales après l’accord politique conclu avec la Commission.
Seule la Hongrie les maintient encore en vigueur, ce qui retarde non seulement le versement du paquet d’aide, mais aussi une décision sur la prolongation des restrictions commerciales, a confié une source de l’UE à EURACTIV.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]