Le commissaire à l’Agriculture reconnaît les limites des mécanismes de protection des agriculteurs
Lors d’un débat sur le bien-être des agriculteurs le 18 décembre, le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a déclaré que lier les subventions agricoles aux normes de travail était un pas en avant, tout en reconnaissant les limites du mécanisme.
Lors d’un débat sur le bien-être des agriculteurs au Parlement européen mercredi 18 décembre, le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a déclaré que lier les subventions agricoles aux normes de travail était un pas en avant, tout en reconnaissant les limites du mécanisme.
« L’agriculture n’est pas un métier qui offre un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée », a déclaré Christophe Hansen face aux eurodéputés, ajoutant que les agriculteurs sont confrontés à des « revenus fluctuants [et] à une bureaucratie excessive ».
En ce qui concerne l’amélioration des conditions de travail, le commissaire a salué l’introduction d’une « conditionnalité sociale » dans la Politique agricole commune (PAC) actuelle, un mécanisme qui a marqué un tournant.
Bien qu’actuellement facultative, la conditionnalité sociale deviendra obligatoire pour tous les États membres de l’UE à partir de 2025. Elle lie les subventions agricoles au respect de normes minimales de travail et est déjà utilisée dans six États : Autriche, France, Italie, Luxembourg, Portugal et Espagne.
Selon le commissaire, le déploiement complet du mécanisme garantira « que l’argent public ne soit pas accordé à des employeurs qui ne respectent pas la législation sociale de l’UE ».
Christophe Hanser a toutefois reconnu les lacunes du mécanisme.
« Dans certains secteurs [tels que] les fruits et légumes, le vin, le porc, [et] la volaille, les agriculteurs ne reçoivent pas de paiements directs [de la PAC] et ne sont donc pas couverts par cet instrument », a-t-il dit.
Il a déclaré que l’exécutif de l’UE travaillait sur une étude de l’impact de la conditionnalité sociale sur le terrain.
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Lors de son audition de confirmation au Parlement en novembre, Christophe Hansen a mis en garde contre l’épuisement physique et mental des agriculteurs, affirmant qu’il avait été témoin des effets de conditions de travail stressantes dans lesquelles ils opèrent.
Il a évoqué le cas de son frère, qui dirigeait une exploitation agricole au Luxembourg et qui a perdu la vie dans un accident que le commissaire luxembourgeois attribue à la pression excessive de son travail.
Les données de l’UE montrent que l’agriculture n’est pas seulement caractérisée par de longues heures de travail, mais qu’elle est aussi l’un des emplois les plus dangereux. Selon Eurostat, 23 % des personnes travaillant dans l’agriculture travaillent 49 heures ou plus par semaine et sont 2,6 fois plus susceptibles d’être victimes d’un accident mortel au travail que l’ensemble de la population active.
Les syndicats demandent des sanctions efficaces
Avant le débat de mercredi au Parlement, la Fédération européenne des syndicats de l’alimentation, de l’agriculture et du tourisme (EFFAT) a tiré la sonnette d’alarme sur les liens entre le travail précaire et la détresse mentale des travailleurs du secteur agricole.
« Les conditions de travail abusives auxquelles sont confrontés les travailleurs agricoles à travers l’UE ne sont pas seulement une question de travail, mais une crise de santé mentale », a expliqué Enrico Somaglia, secrétaire général de l’EFFAT, à Euractiv. Et d’ajouter que l’anxiété et l’épuisement professionnel étaient largement répandus.
Le secrétaire général a déclaré que l’introduction de la conditionnalité sociale apportait l’espoir d’un changement dans le secteur, mais a averti que ce mécanisme devait être accompagné de sanctions efficaces à travers l’Union. Pour l’heure, chaque État membre est libre d’établir son propre cadre pour les sanctions et les contrôles.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]