Le climat écarté de l'ordre du jour du G7 pour apaiser les États-Unis

Le cabinet du ministre français de l'Écologie a indiqué que cette réunion de deux jours porterait sur des « questions moins controversées », dans le but d'apaiser le membre le plus influent du G7

EURACTIV.com
Réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 : Johann Wadephul, Kaja Kallas, Jean-Noël Barrot, Marco Rubio et Yvette Cooper [Michael Kappeler/picture alliance via Getty Images]

Une réunion des pays du G7 sur l’environnement débute jeudi à Paris, mais le changement climatique a été écarté de l’ordre du jour afin d’éviter un différend avec les États-Unis.

Le cabinet de la ministre française de l’Écologie, Monique Barbut, a indiqué que cette réunion de deux jours se concentrerait sur des « questions moins controversées », dans le but d’apaiser le membre le plus important et le plus puissant du G7.

« Nous avons choisi de ne pas aborder de front la question du climat… car les positions des États-Unis sur ce sujet sont bien connues », a déclaré le ministère.

« Nous avons voulu donner la priorité à l’unité du G7, notamment pour préserver ce forum. »

L’administration du président Donald Trump a retiré les États-Unis des accords mondiaux sur le changement climatique et affaibli les protections environnementales depuis son retour au pouvoir en 2025.

La France, l’Italie, le Canada, le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni envoient leurs ministres de l’Environnement à la réunion du Groupe des Sept économies industrialisées.

Washington sera représenté par Usha-Maria Turner, administratrice adjointe du Bureau des affaires internationales et tribales de l’Agence américaine de protection de l’environnement.

Le bureau de Barbut a indiqué que les participants discuteraient de thèmes tels que la conservation des océans, le financement de la biodiversité et la transformation des zones arides en désert.

Les militants ont critiqué la décision d’exclure le climat de l’ordre du jour.

Gaia Febvre, du groupe militant Climate Action Network, a martelé : « Un G7 qui suit le rythme des États-Unis ne peut prétendre répondre aux crises du siècle. »

« En cédant à la pression, il affaiblit l’action collective et renonce à son rôle de leader potentiel », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Cette réunion se tient quelques jours avant que plus de 50 pays ne se réunissent en Colombie pour la toute première conférence mondiale consacrée à l’élimination progressive des combustibles fossiles, principal facteur du changement climatique.

Forêts et financement

La France mène une initiative visant à lever des fonds publics et privés pour la protection de la biodiversité et espère obtenir le soutien des autres pays du G7.

Le ministère de Barbut espère annoncer un financement de 800 millions de dollars pour les parcs nationaux dans une vingtaine de pays africains, selon des sources proches du dossier.

Jean Burkard, directeur du plaidoyer au WWF France, s’est félicité de cette inclusion à l’ordre du jour du G7, mais a précisé que tout financement « doit être supplémentaire et ne pas compenser » les coupes budgétaires opérées ailleurs dans les budgets nationaux consacrés à la nature.

La réunion du G7 espère également aboutir à une déclaration politique sur la désertification et la sécurité, tandis que les sessions consacrées aux océans chercheront à renforcer une alliance sur les aires marines protégées.

D’autres sessions sont prévues, notamment sur la pollution de l’eau, tandis qu’une visite de la forêt de Fontainebleau, au sud de Paris, est également prévue jeudi dans le cadre d’une session consacrée aux forêts.

(cz)