Le chômage en Europe au plus haut depuis 10 ans [FR]

Le taux de chômage dans l’eurozone a atteint son niveau le plus haut depuis 10 ans en juillet, à 9,5 %, et il devrait encore augmenter avant que l’embryon de reprise économique naissante ne vienne soutenir le marché de l’emploi, sapant les espoirs de voir les dépenses de consommation stimuler la croissance.

Le taux de chômage dans l’eurozone a atteint son niveau le plus haut depuis 10 ans en juillet, à 9,5 %, et il devrait encore augmenter avant que l’embryon de reprise économique naissante ne vienne soutenir le marché de l’emploi, sapant les espoirs de voir les dépenses de consommation stimuler la croissance.

Le taux de chômage dans les 16 pays de la zone euro a grimpé à son plus haut niveau depuis mai 1999, avec une augmentation du nombre de chômeurs de 167 000 personnes en juin pour atteindre le chiffre de 15,09 millions, selon le bureau de statistiques de l’Union européenne qui a publié ces chiffres mardi.

Le chômage dans la zone euro devrait selon toute probabilité augmenter nettement, menaçant ainsi sérieusement les perspectives de croissance à court et moyen terme, a déclaré à Reuters Howard Archer, économiste chez IHS Global Insight.

Le chômage est un indicateur en décalage et cela prendra du temps avant qu’une quelconque amélioration de l’activité économique n’alimente de manière soutenue les perspectives d’emploi, selon l’économiste.

Les socialistes appellent à une politique en faveur d’une croissance forte

Poul Nyrup Rasmussen, ancien premier ministre danois et chef du parti socialiste européen, a déclaré qu’il prévoyait une augmentation du chômage cette année et l’année prochaine jusqu’à atteindre 28 millions de personnes. S’exprimant lors d’un évènement organisé par le think tank bruxellois Bruegel, M. Rasmussen a souligné qu’il pourrait y avoir une cassure majeure au sein de la société entre les gens ayant un haut niveau de qualification, qui peuvent facilement trouver de nouveaux emplois dans des secteurs en croissance, et les personnes socialement vulnérables, tels que les cols bleu, les jeunes et ceux vivant en-dehors des principales villes.

Le président des Socialistes européens a appelé à la mise en place d’une politique de forte croissance pour stimuler l’économie, financées par des obligations européennes levées par les gouvernements européens.

L’Irlande et l’Espagne durement touchées

L’augmentation du chômage a été la plus importante en Irlande et en Espagne, où la crise mondiale du crédit a touché de plein fouet le secteur de la construction, et en France. En Belgique, le chômage a baissé.

Sur l’ensemble des 27 pays de l’UE, le chômage a augmenté, jusqu’à atteindre 9 % de la population active par rapport à 8,9 % en juin, augmentant de 225 000 personnes pour atteindre 21 794 millions de personnes. Les gouvernements ont injecté des milliards d’euros dans l’économie, espérant empêcher les destructions d’emploi et le chômage de long terme, dans la pire tempête économique de l’après guerre.

Le chômage affecte la confiance des consommateurs

Le niveau élevé et en augmentation des chômeurs affecte la confiance des consommateurs et le pouvoir d’achat des ménages, qui en retour empêche une reprise économique plus robuste malgré un optimisme en hausse chez les entreprises et des commandes en hausse.

Même si la croissance est de retour dans certains pays de l’eurozone au second trimestre et que d’autres devraient faire de même au troisième trimestre, nous suspectons que l’activité économique restera trop faible pour véritablement générer des emplois nets au moins jusqu’à la seconde moitié de 2010, a déclaré M. Archer.

Avec des prix à la consommation de nouveau en chute en août et des prévisions d’inflation historiquement basses, les données relatives au chômage devraient fournir des arguments supplémentaires à la Banque centrale européenne pour garder ses taux d’intérêts historiquement bas à 1 % même si l’économie émerge de la récession au troisième trimestre comme de nombreux observateurs le pensent.

Le chômage galopant devrait limiter les dépenses de consommation de l’eurozone, en particulier puisqu’il contribue également à ralentir l’augmentation des salaires. Cela contrecarre l’amélioration du pouvoir d’achat actuel venant d’une déflation modeste, a insisté M. Archer.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV).