Le choix du commissaire allemand surprend les milieux politiques

Le conservateur de l’Union chrétienne-démocrate (UCD) Günther Oettinger remplacera Günter Verheugen au poste de commissaire européen.

Le conservateur de l’Union chrétienne-démocrate (UCD) Günther Oettinger remplacera Günter Verheugen au poste de commissaire européen.

Annoncée samedi 24 octobre par la nouvelle coalition CDU-FDP, la nouvelle de la nomination de Günther Oettinger a surpris.

La presse allemande parle d’un homme politique en disgrâce, sur le point d’être « jeté » à Bruxelles. 

Ministre – président du Baden-Württemberg depuis 2005, M. Oettinger s’est vu, d’après certaines informations, adresser des reproches de la part de la chancelière Angela Merkel pour avoir excusé le passé nazi de l’ancien ministre – président Hans Filbinger. Plus récemment, il a émis des objections sur le projet de budget de Mme Merkel.

« La Commission européenne va devenir le dépotoir d’un ministre – président recalé dont Mme Merkel essaie de se débarrasser », a confié au Financial Times Thomas Oppermann, le président du groupe socialiste du Parlement allemand.

M. Oettinger a déclaré à la presse allemande qu’il souhaitait avoir le portefeuille des Affaires économiques et monétaires, mais la décision appartient aux institutions européennes.

La date de début des travaux de la prochaine Commission reste floue en raison du report de la mise en oeuvre du traité de Lisbonne. La République tchèque n’a pas encore ratifié le texte (EURACTIV.fr 26/10/09).

Les projets de l’Allemagne pour la prochaine Commission occupent 6 pages sur 124 d’un dossier politique réalisé par la coalition conservatrice libérale dirigeante.?Le document parle de resserrer les liens avec les partenaires français et polonais, et d’une relation « particulière » avec la Turquie.

Mme Merkel s’est publiquement prononcée contre une adhésion pleine et entière de la Turquie, et le dossier parle de lier la Turquie avec l’UE dans le cas où le pays ne remplirait pas toutes les conditions nécessaires pour une adhésion pleine et entière.

Récemment, le négociateur en chef turc, Egemen Bagi?, a confié à EURACTIV.com que son pays se sentait insulté par l’utilisation de l’expression partenariat privilégié en remplacement d’une adhésion totale, comme le suggèrent Paris et Berlin (EURACTIV.com 08/10/09).