Le chef du parti travailliste britannique appelle à un accord avec l’UE sur les migrants et les passeurs
Un gouvernement dirigé par les travaillistes chercherait à négocier un accord avec l’UE sur le contrôle des migrations, a déclaré le chef du parti, Keir Starmer, une proposition aux antipodes des politiques menées par l’actuel cabinet conservateur.
Un gouvernement dirigé par les travaillistes chercherait à négocier un accord avec l’UE sur le contrôle des migrations, a déclaré le chef du parti, Keir Starmer, une proposition aux antipodes des politiques menées par l’actuel cabinet conservateur.
M. Starmer, dont le parti conserve une avance de 15 points sur le parti conservateur au pouvoir dans les sondages, était à La Haye jeudi (14 septembre) pour des réunions avec l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des services répressifs (Europol).
Le chef de file du parti travailliste a déclaré que les réunions avec Europol avaient porté sur la lutte contre les groupes de passeurs et qu’il avait souligné la nécessité d’un « meilleur accord pour partager les renseignements et mener des opérations conjointes afin de démanteler ces gangs ».
Le parti d’opposition a démenti les affirmations des conservateurs selon lesquelles il chercherait à revenir sur le Brexit s’il était élu lors des prochaines élections générales de 2024, promettant qu’il ne ramènerait pas le Royaume-Uni dans le marché unique et qu’il ne réintroduirait pas la liberté de circulation.
Il a toutefois évoqué la perspective d’un pacte de coopération sur les migrations et la levée des barrières commerciales sur les produits agricoles s’il était élu.
Comme dans l’UE, le contrôle des migrations reste une question politique majeure au Royaume-Uni, où le nombre de traversées de la Manche a augmenté cette année.
Le gouvernement de Rishi Sunak (Parti conservateur) soutient un accord de 100 millions de livres sterling avec le Rwanda, qui prévoit que les demandeurs d’asile soient envoyés par avion dans ce pays d’Afrique de l’Est pendant le traitement de leur demande, mais ce programme n’a pas été mis en œuvre après avoir été jugé illégal par la Cour d’appel britannique.
Dans un entretien accordé au Times jeudi (14 septembre), M. Starmer a déclaré que toute discussion sur les quotas de migrants « ferait partie des discussions et des négociations avec l’Europe ».
En réponse, le gouvernement de M. Sunak a affirmé qu’un accord de retour basé sur les règles migratoires proposées par l’UE aurait pour conséquence que le Royaume-Uni accueillerait chaque année plus de 100 000 migrants illégaux en provenance de l’UE, un chiffre qualifié d’« absurde » par M. Starmer.
Après des années de désaccord, les gouvernements de l’UE ont trouvé un compromis en juillet — malgré l’opposition persistante de la Pologne et de la Hongrie — selon lequel les États membres qui refusent d’accueillir des migrants verseraient 20 000 euros par migrant à un fonds géré par la Commission européenne.
Les ministres et les députés européens sont toujours dans l’impasse en ce qui concerne une poignée d’autres lois visant à réviser les règles de l’UE en matière d’immigration et d’asile.
La semaine prochaine, M. Starmer rencontrera le président français Emmanuel Macron à Paris dans le cadre d’une tournée diplomatique visant à renforcer son profil international.
Les prochaines élections générales britanniques seront suivies, un an plus tard, d’une révision de l’accord de commerce et de coopération (ACC) entré en vigueur à la suite de la sortie du Royaume-Uni du marché unique de l’UE en 2021.
Toutefois, les fonctionnaires de la Commission européenne ont écarté la possibilité que cette révision soit utilisée pour rouvrir les négociations politiques ou commerciales avec Londres. Au lieu de cela, ils affirment que la révision sera purement technique, conçue pour assurer la pleine mise en œuvre de l’accord existant.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]