Le chef du parti bulgare pro-russe aurait rencontré le ministre russe des Affaires étrangères

Le chef d’un parti bulgare pro-russe, Nikolay Malinov, actuellement sous procès pour espionnage, a rencontré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à au moins deux reprises, la dernière fois le 21 octobre.

EURACTIV Bulgarie
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Le président Russe Vladimir Poutine avec Nikolay Malinov, président du Mouvement national des russophiles en Bulgarie, lorsqu'en 2019 il recevait l'Ordre de l'amitié. [Kremlin.ru, CC BY 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by/4.0>, via Wikimedia Commons]

Le chef d’un parti bulgare pro-russe, Nikolay Malinov, actuellement sous procès pour espionnage, a rencontré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à au moins deux reprises, la dernière fois le 21 octobre.

En septembre 2019, le bureau du procureur avait annoncé avoir placé M. Malinov en détention et après plusieurs heures en garde à vue, il avait été libéré sous caution de 50 000 BGN (25 000 €) et inculpé d’espionnage en lien avec des organisations et des citoyens russes.

Selon l’accusation, M. Malinov se serait mis au service d’une organisation étrangère pour lui servir d’espion dans le but de divulguer des informations relevant du secret d’État.

L’enquête a mis en relation M. Malinov avec deux citoyens russes — Leonid Reshetnikov et Konstantin Malofeev. Juste avant que M. Malinov ne soit accusé, tous deux avaient été interdits d’entrée en Bulgarie pendant dix ans. L’un est un ancien chef des services de renseignement russes, l’autre est un milliardaire russe.

Cependant, le parquet a travaillé lentement et n’est pas parvenu à déposer le dossier contre M. Malinov pendant 18 mois, la caution et l’interdiction de quitter la Bulgarie ont donc été levées le 10 mars 2021.

Elles ne peuvent être réimposées sans fondement juridique. Son avocat, Dimitar Valchev, a expliqué au média partenaire d’EURACTIV, Sega, que M. Malinov se présentera jeudi pour la session d’audience de son procès pour espionnage.

Selon le parti bulgare pro-russe, renommé les Russophiles, la rencontre entre MM. Malinov et Lavror et leur conversation étaient une continuation de celle de septembre.

« La conversation a porté principalement sur les possibilités qu’ont les organisations russophiles de contribuer à la construction d’une image complète et positive de la Russie ; d’aider à confirmer la mémoire historique en faveur de relations positives entre les peuples bulgare et russe ; de participer activement au dialogue avec les organisations non gouvernementales et politiques dans le cadre de la possible et nécessaire ’diplomatie des peuples’ », peut-on lire dans le communiqué.

Selon M. Lavrov, cité par le site de l’organisation de M. Malinov, « les ONG du monde entier ayant une attitude positive à l’égard de la Russie peuvent faire beaucoup dans le sens du renforcement du monde multipolaire, dont la base, la philosophie et l’objectif sont la coopération bienveillante et constructive entre les nations ».

En septembre, MM. Malinov et Lavrov avaient évoqué la création d’un mouvement russophile international.

En 2019, après avoir été accusé d’espionnage, Nikolay Malinov s’est rendu en Russie pour être récompensé par le président russe Vladimir Poutine.

La découverte selon laquelle le juge Andon Mitalov avait autorisé M. Malinov à se rendre en Russie sans qu’une autorisation préalable soit demandée au bureau du procureur a causé un grand scandale en Bulgarie.

En 2019, le secrétaire de presse du président russe, Dmitri Peskov, a directement annoncé que la « persécution » de M. Malinov « serait illogique » et « aurait des conséquences très néfastes » pour les relations entre Moscou et Sofia.

Le département d’État américain a par exemple imposé une interdiction d’entrée sur le sol américain au juge Andon Mitalov et aux membres de sa famille parce que le juge était « impliqué dans une affaire de corruption grave ».

Il s’agissait de la première affaire dans laquelle un Bulgare était sanctionné par les États-Unis. Finalement, le juge M. Mitalov n’a pas été sanctionné par le Conseil supérieur de la magistrature bulgare.