Le chef de l’extrême droite autrichienne, Herbert Kickl, a le vent en poupe

À quelques mois des élections autrichiennes, le Parti de la liberté (FPÖ), parti d’extrême droite, affiche un solide 30 % dans les sondages. Son leader, Herbert Kickl, personnalité politique chevronnée, semble passer outre certains scandales accablants qui touchent de près son parti.

EURACTIV Allemagne
Final FPOe election campaign for Austrian federal elections
Herbert Kickl est en passe de remporter les élections de l’automne 2024 et de s’assurer une place à la tête du gouvernement, surtout s’il doit se présenter aux côtés du centre droit. [[EPA-EFE/GEORGI LICOVSKI]]

À quelques mois des élections autrichiennes, le Parti de la liberté (FPÖ), d’extrême droite, affiche un solide 30 % d’intention de vote. Son leader, Herbert Kickl, personnalité politique chevronnée, semble passer outre certains scandales accablants qui touchent de près son parti.

Herbert Kickl est en passe de remporter les élections d’automne 2024 et de s’assurer une place à la tête du gouvernement, surtout s’il doit se présenter aux côtés du centre droit.

Cette situation serait sans précédent chez nos voisins allemands, mais les Autrichiens y sont désormais habitués.

Le FPÖ a d’abord accédé au pouvoir à Vienne après un accord de coaliationb avec l’ÖVP de centre droit, mais a fini par perdre le pouvoir en 2006.

La seconde période où le parti était aux commandes s’est terminée brutalement en 2017, lorsque ses dirigeants ont été pris en train d’essayer de vendre des actifs de l’État à un oligarque en échange d’une couverture médiatique favorable.

Il semble que ce soit maintenant au tour de M. Kickl de pouvoir former une coalition de droite regroupant son parti. Sa carrière est riche en rebondissements. Il a contribué à l’ascension du parti dans les années 1990 et accédé au poste de ministre de l’Intérieur en 2017.

Il semble qu’aucun scandale ne puisse se mettre en travers de son chemin.

Par exemple, M. Kickl a qualifié le Mouvement identitaire, un réseau d’extrême droite dont il est depuis longtemps un ardent défenseur, et actuellement surveillé par les forces de sécurité, d’« ONG de droite ».

Même la récente révélation du journal d’investigation allemand Correctiv, selon laquelle l’Autrichien Martin Sellner, l’un des principaux penseurs du Mouvement identitaire, donnait des instructions à l’AfD (parti d’extrême droite allemand) sur la meilleure façon d’expulser des millions de résidents indésirable, ne semble pas avoir eu d’effet bouleversant sur la popularité M. Kickl ou son parti, bien qu’il soit un ardent défenseur de ce mouvement.

Lors d’une interview accordée à la chaîne publique autrichienne ORF mercredi (10 janvier) en fin de journée, il a été impossible de déceler l’étendue de son soutien au mouvement, bien que ce dernier ai préconisé l’expulsion de millions de personnes « indésirables », lors d’une réunion tenue à  quelques kilomètres seulement de la villa de Wannsee, celle-là même où les nazis ont décidé de la solution finale en 1942.

Pour autant, M. Kickl n’a pas pris ses distances avec ces projets, se contentant d’énumérer les activités antérieures de son parti sur la question, à commencer par un référendum controversé sur « l’Autriche d’abord » en 1992. Mais face à un téléspectateur ordinaire, il a repoussé les accusations, qu’il a qualifiées de « fausses ».

Interrogé sur la branche styrienne de son parti, qui aurait détourné des millions, il n’a pas pris la peine de la désavouer.

Cela inquiète d’autres partis.

« Les droits de l’homme et l’État-providence sont toujours attaqués lorsque le FPÖ arrive au pouvoir », a déclaré Sandra Breiteneder, présidente du SPÖ (socialistes).

Le FPÖ est « corrompu jusqu’à la moelle », a déclaré Andreas Hanger, parlementaire de l’ÖVP, tandis que la secrétaire générale des Verts, Olga Voglauier, a déclaré que l’interview de l’ORF montrait que « le FPÖ est le bras armé des identitaires d’extrême droite ».