Le bureau EPSO serait "coupable de parti pris linguistique" [FR]

Selon le quotidien polonais Gazeta Wyborcza, le médiateur européen N. Diamandouros devrait prochainement annoncer dans une déclaration qui pourrait faire date qu'EPSO, bureau de recrutement des institutions de l'UE, accorde une préférence coupable aux langues anglaise, française et allemande.

nikiforos_diamandouros.jpg
nikiforos_diamandouros.jpg

Selon le quotidien polonais Gazeta Wyborcza, le médiateur européen N. Diamandouros devrait prochainement annoncer dans une déclaration qui pourrait faire date qu’EPSO, bureau de recrutement des institutions de l’UE, accorde une préférence coupable aux langues anglaise, française et allemande.

L’avis du médiateur européen, qui devrait être très prochainement annoncé selon le quotidien populaire polonais  Gazeta Wyborcza, pourrait avoir des répercussions juridiques, puisque les candidats n’ayant pas obtenu de poste au sein des institutions de l’UE seront à même de contester leurs résultats en justice.

Nikiforos Diamandouros a l’intention de formuler des critiques de « mauvaise administration » à l’encontre d’EPSO, le bureau de recrutement du personnel des institutions européennes, qu’il soupçonne de parti pris en faveur des langues des anciens Etats membres de l’UE.

Le scandale éventuel porte sur les examens d’entrée européens qui se sont tenus entre 2004 et fin 2006, date à laquelle la règlementation a changé. Dans l’ancien système, les candidats devaient avoir connaissance d’une des langues des 11 anciens Etats membres, et non d’une langue des 21 pays membres de l’UE (après l’adhésion de 10 nouveaux pays en 2004).

L’association des anciens élèves de service civil polonais (SAKSAP) a porté l’affaire devant le médiateur européen : « Nous voulions manifester contre le fait que les entrants des nouveaux Etats membres étaient moins bien traités, et nous avons présenté au médiateur européen plusieurs exemples appropriés tirés des concours ».

La SAKSAP a notamment indiqué que les candidats provenant des nouveaux Etats membres avaient été contraints de passer les tests en anglais, français ou allemand, ce qui constituait une forme de concurrence déloyale par rapport aux candidats des anciens pays membres de l’UE, capables de répondre à ces mêmes questions dans leur langue maternelle.

Selon le journal polonais, le médiateur Diamandouros devait annoncer : « En imposant ces conditions…EPSO brise les règles ».

Un porte-parole de la Commission européenne a apporté des précisions : « Nos examens n’ont plus de caractère discriminatoire. Les participants aux concours antérieurs pourraient se tourner vers les tribunaux pour remettre en cause leurs résultats ».

Sur les 25 000 employés de la Commission, seuls 700 sont Polonais, alors que 15 000 à 30 000 Polonais résident à Bruxelles, la plupart exerçant des métiers non qualifiés, comme le ménage ou la garde d’enfants, ou bradant leur force de travail aux entreprises du bâtiment.