Le Bundestag se lève contre le FESF

En Allemagne, les premiers sondages réalisés en amont d'un vote au Bundestag révèlent une opposition croissante face au fonds de renflouement de la zone euro et à l’élargissement de ses compétences pour qu'il puisse racheter des obligations de pays endettés.

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En Allemagne, les premiers sondages réalisés en amont d'un vote au Bundestag révèlent une opposition croissante face au fonds de renflouement de la zone euro et à l’élargissement de ses compétences pour qu'il puisse racheter des obligations de pays endettés.

Le 23 septembre, la chambre haute du parlement allemand doit voter les nouvelles compétences du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Le parlement souhaiterait toutefois avoir son mot à dire sur comment et à qui sont attribués les renflouements, ce qui pourrait compromettre le vote.

Des forces de l'opposition se lèvent contre la chancelière allemande, Angela Merkel, et la dernière version du FESF proposée par son gouvernement. Le magazine allemand Focus a rapporté ce week-end que 23 membres de la coalition de centre-droit, au pouvoir dans le pays, s'apprêteraient à voter contre le FESF.

Même au sein de son propre parti, le parti chrétien démocrate (CDU), les plus loyaux partisans de Mme Merkel sapent son autorité. Wolfgang Bosbach, membre du CDU de longue date et président de la Commission des affaires intérieures, a affirmé qu'il se prononcerait contre le FESF.

Un document de l'Union chrétienne-sociale (CSU), également membre de la coalition au pouvoir, souligne leur rejet de l'accord conclu entre la chancelière et le président français, Nicolas Sarkozy, concernant un gouvernement économique pour les Etats de la zone euro.

Ce document, qui devrait être publié aujourd'hui (29 août), demande une modification des règles de l'Union monétaire européenne, afin de permettre la sortie pure et simple de la zone euro des membres qui auraient ignoré les avertissements de l'UE quant à l'insuffisance de leurs efforts pour réduire leur dette.

Dans le même temps, le Parti libéral-démocrate (FDP), un autre partenaire de la coalition, souhaite que la législation du FESF inclue un droit de véto pour le parlement allemand, afin que celui-ci puisse approuver ou non les futures demandes de renflouement.

« L'hystérie gagne l'Allemagne », aurait déclaré Klaus Regling, le directeur du FESF.

Un ouragan de critiques

Le président du Bundestag, Norbert Lammert, tente de calmer les esprits dans ce qui ressemble de plus en plus à un ouragan de critiques contre Mme Merkel et le FESF, explique EURACTIV Allemagne. L'homme politique du CDU a essayé d'atténuer les exigences du Bundestag, qui souhaite jouir d'un plus grand pouvoir de décision s'agissant des renflouements opérés dans la zone euro.

« Je suppose que le Bundestag allemand voudra un pouvoir de co-décision pour chaque nouvelle demande de renflouement », a déclaré M. Lammert lors d'un entretien sur une chaîne de radio allemande.

Le parti allemand des Verts estime qu'il n'est pas judicieux de repousser les renflouements dans les circonstances économiques actuelles, mais il admet que l'opposition ne fait que croître contre le FESF.

« Cela n'a pas beaucoup de sens d'impliquer les parlements des 17 Etats de la zone euro. Nous avons besoin de structures qui puissent agir. Mais je crains que le nombre de parlementaires du CDU et du FDP frustrés par leur implication limitée dans les décisions concernant les renflouements ne fasse que croître », a expliqué à EURACTIV Gerhard Schick, des Verts.

En outre, la nouvelle du rachat d'obligations espagnoles, irlandaises et italiennes par la Banque centrale européenne (BCE) a été accueillie très froidement par la majorité des personnalités politiques allemandes, y compris par le ministre des finances, Wolfgang Schäuble.

En tant que plus grande économie de la zone euro, l'Allemagne est le pays qui apporte la plus grande contribution financière aux deux organes financiers, à savoir la BCE et le FESF.