Le Brexit poserait aussi problème en France
Un nouveau rapport pointe les conséquences d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. La France pourrait aussi payer le prix fort.
Un nouveau rapport pointe les conséquences d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. La France pourrait aussi payer le prix fort.
Le Foreign Policy Centre vient de publier, avec le soutien de la Commission européenne, un rapport sur le Brexit, ou « British Exit ». Les conséquences économiques pour la France seraient réelles. Et l’une des contributrices du rapport, la députée des Français établis en Europe du Nord, Axelle Lemaire, ne manque pas de le souligner.
« Le départ du Royaume-Uni de l’UE n’aurait pas simplement des conséquences pour les britanniques. Les pays membres de l’UE seraient directement impactés. Principalement en termes d’investissements direct. Le Royaume-Uni représente 52 % de ses investissements à l’intérieur de l’UE. En France, il représente 8.8 % des investissements direct » explique-t-elle.
Elle ajoute que si le Royaume-Uni venait à sortir de l’UE, Paris et Francfort batailleraient pour devenir la nouvelle place forte de la finance européenne, faute de Londres.
La France lisse le trait
Dans le rapport, la députée française cite Jacques Delors qui lors d’une interview au journal financier allemand Handelsblatt en décembre 2012, affirmait : « Les Anglais sont uniquement intéressés par l’aspect économique, et rien d’autre. Pourtant, ils peuvent se voir offrir une nouvelle forme de partenariat. Si le Royaume-Uni ne supporte pas l’idée d’une Europe de plus en plus intégrée, nous pouvons créer de nouvelles relations, sur des bases nouvelles. Une coopération économique est envisageable, ou de simples accords commerciaux. »
Sur le plan diplomatique, Axelle Lemaire considère qu’en cas de retrait britannique de l’UE, il faudra conserver de bonnes relations bilatérales. Notamment en ce qui concerne la défense, l’énergie, et l’aérospatial.
Le retrait vu d’outre-Manche
Dans le rapport du Foreign Policy Centre, Katja Hall, directrice de la confédération des industries britanniques, s’inquiète du coût économique de la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Selon elle, l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE favorise son ouverture sur le monde, et garantie de nombreux emplois. Notamment grâce au marché unique.
« Le marché européen représente la moitié de l’économie britannique, et des investissements étrangers » assure-t-elle.
À l’inverse, le professeur Tim Congdon de l’Université de Buckingham se prononce en faveur de l’indépendance, et affirme que le Royaume-Uni doit restaurer sa souveraineté nationale au plus vite. Selon lui, la vision fédéraliste de Robert Schuman et Jean Monnet implique une érosion massive de la souveraineté nationale. Et ce n’est pas supportable pour le professeur Tim Congdon qui encourage le Royaume-Uni à renforcer ses liens économiques avec les pays membres du Commonwealth et les USA.