L’Autriche va effectuer des contrôles à sa frontière avec l’Italie

Nouveau coup dur pour l’espace Schengen : le chancelier autrichien Karl Nehammer a annoncé son intention de commencer à restreindre la liberté d’entrée dans le pays pour les personnes en provenance d’Italie.

EURACTIV Allemagne
Border controls at Austria – German border
La législation propose de clarifier les règles relatives au renforcement ou à la levée des contrôles aux frontières, avec des solutions ciblées pour des types de menaces spécifiques. [EPA-EFE/DANIEL KOPATSCH]

Nouveau coup dur pour l’espace Schengen : le chancelier autrichien Karl Nehammer a annoncé son intention de commencer à restreindre la liberté d’entrée dans le pays pour les personnes en provenance d’Italie.

L’Autriche effectue déjà des contrôles à sa frontière avec la Slovénie. Cette pratique, en vigueur depuis 2015, a suscité la colère de Bruxelles, mais il semblerait qu’elle doive être étendue aux frontières avec l’Italie.

« L’Autriche va-t-elle introduire des contrôles aux frontières avec l’Italie, compte tenu de la course à Lampedusa, une minuscule île méditerranéenne connue pour son rôle de premier plan dans la migration vers l’Europe ? », se demande le quotidien d’information autrichien Krone-Zeitung.

« Oui, le ministre de l’Intérieur a déjà pris les dispositions nécessaires pour mettre en place des contrôles draconiens à la frontière italo-autrichienne », a expliqué M. Nehammer.

M. Nehammer a indiqué qu’il s’était entretenu avec son homologue italien à ce sujet. « Nous suivons la situation de près. Il s’agit de lutter contre les réseaux de contrebande », a-t-il précisé.

Les nouvelles mesures prises par Vienne s’ajoutent à son comportement antagoniste, entravant l’une des réalisations les plus emblématiques de l’UE, à savoir l’espace Schengen, théoriquement sans frontières. M. Nehammer a déjà été critiqué pour avoir opposé son veto à l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie au début de l’année.

À l’avenir, il souhaite s’en tenir à cette politique, bien qu’elle soit profondément impopulaire à Bucarest, à Sofia et à Berlin. « Un élargissement ne peut être mis en œuvre que lorsque la protection des frontières extérieures fonctionne. Ce n’est pas le bon moment », a-t-il déclaré au quotidien régional autrichien Kleine Zeitung.