Lamy : 'Les relations commerciales bilatérales préconisées par Mandelson nuiront aux plus pauvres' [

Le chef de l'OMC a prévenu que cette réorientation risquait de nuire aux tentatives de conclure un pacte au niveau mondial et a rappelé que "tous les efforts devaient se concentrer sur un accord multilatéral".

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Le chef de l’OMC a prévenu que cette réorientation risquait de nuire aux tentatives de conclure un pacte au niveau mondial et a rappelé que « tous les efforts devaient se concentrer sur un accord multilatéral ».

Dans un discours devant la commission du commerce international du Parlement européen le 17 octobre 2006, Pascal Lamy a déclaré que l’échec des négociations commerciales « ne seraient pas un grand choc économique qui précipiterait une crise de marché… mais plutôt une maladie d’évolution lente qui anéantira progressivement la force du système d’échanges international établi ces 50 dernières années. »

Selon lui, les négociations doivent désormais progresser au cours des six prochains mois pour convaincre le Congrès américain de prolonger l’autorité de l’administration Bush en matière de négociations commerciales. Sinon, il faudra peut-être des années pour relancer les pourparlers.

Il a précisé que son organisation tenterait de faire plus pression sur les principaux acteurs – l’Inde, le Brésil, l’Australie, le Japon, l’UE et les Etats-Unis – pour relancer ces négociations essentielles, qui ont été suspendues depuis juillet (voir EURACTIV, 24 juillet 2006), mais a prévenu qu’elles « ne pourraient en aucun cas reprendre si le blocage sur les questions agricoles subsiste ».

M. Lamy a indiqué au commissaire européen chargé du commerce, Peter Mandelson, un peu plus tôt dans la journée qu’un autre obstacle à la reprise rapide du cycle de Doha était le nombre croissant de relations bilatérales et régionales, qui risquait de détourner l’attention d’un accord international. 

M. Mandelson a présenté sa nouvelle vision des relations commerciales la semaine dernière et a évoqué des accords bilatéraux possibles avec l’Inde, la Corée du Sud, l’ASEAN et le Mercosur (voir EURACTIV, 5 octobre 2006).

Cependant, M. Lamy a déclaré : « La plupart [des membres de l’OMC] ne peuvent pas se permettre de courir deux lièvres à la fois. Il y a un problème de diversion des ressources, » ajoutant que les problèmes des pays les plus pauvres au monde devaient être traités au niveau de l’OMC : « La majorité des pays en développement ont plus de problèmes avec les subventions et l’anti-dumping qu’ils en ont avec les droits de douane. Il s’agit de questions systémiques. »