L’ambassadeur de France au Niger reste en place malgré la pression croissante

Au Niger, la France refuse toujours de reconnaître l’autorité des putschistes, qui ont désormais chargé la police de procéder à l’expulsion de l’ambassadeur français dans le pays, selon un courrier révélé jeudi (31 août).

Euractiv France
France’s ambassador remains in Niger despite junta’s deadline
epa10825593 Motorists drive past as the French and European flags fly atop the French embassy compound, in Niamey, Niger, 28 August 2023. The French ambassador to Niger is still in post in Niamey despite being given a 48-hour deadline to leave the country on 25 August by the junta leaders, the French President Emmanuel Macron confirmed in his speech during the annual ambassadors' conference in Paris. [EPA-EFE/ISSIFOU DJIBO]

Au Niger, la France refuse toujours de reconnaître l’autorité des putschistes, qui ont désormais chargé la police de procéder à l’expulsion de l’ambassadeur français dans le pays, selon un courrier révélé jeudi (31 août).

Dans cette lettre envoyée par le ministère des Affaires étrangères désigné par les putschistes nigériens au ministère français, il est indiqué que « la question de l’agrément de l’ambassadeur de France est irrévocable et toute observation à ce sujet est sans objet ».

La France avait en effet refusé de donner suite à l’ordre d’expulsion. Après l’expiration du délai de 48 heures que les militaires avaient donné à l’ambassadeur de France pour quitter le territoire nigérien, « l’intéressé ne jouit plus de privilèges et immunités attachés à son statut », explique la note révélée jeudi (31 août).

Le ministère désigné par les putschistes explique aussi que « les cartes diplomatiques et les visas de l’intéressé et des membres de sa famille sont annulés », ajoutant que « les services de police sont instruits afin de procéder à son expulsion ».

Sollicitée par EURACTIV France, une source diplomatique a indiqué que la France avait bien « pris connaissance de la demande des putschistes », mais que ces derniers « n’ont pas autorité » pour la formuler. Autrement dit, « l’agrément de l’ambassadeur [émane] des seules autorités légitimes nigériennes élues », ajoute la source.

Interrogée sur la sécurité de l’ambassadeur, cette source du ministère français des Affaires étrangères explique que la France « [évalue] en permanence les conditions de sécurité et de fonctionnement de [son] ambassade », sans vouloir commenter davantage.

Le colonel Pierre Gaudillière, porte-parole de l’état-major français, cité par l’AFP, a indiqué jeudi que « les forces militaires françaises sont prêtes à répondre à tout regain de tension qui porterait atteinte aux emprises militaires et diplomatiques françaises au Niger ».

Pour l’heure, l’ambassadeur de France est toujours sur place. Lundi, lors de son discours aux ambassadeurs, le président Emmanuel Macron avait salué « l’engagement de notre ambassadeur, qui reste malgré les pressions, malgré tout et malgré toutes les déclarations d’autorités illégitimes ».

Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a expliqué, jeudi sur France Info, qu’« il est nécessaire d’avoir une présence diplomatique française au Niger ».