L’ambassadeur américain en Belgique convoqué dans une affaire d’antisémitisme
Une crise diplomatique oppose Washington et Bruxelles après que l’ambassadeur américain en Belgique, Bill White, a accusé le gouvernement belge d’antisémitisme.
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a convoqué Bill White mardi 17 février pour le rappeler à l’ordre.
Le différend est né après que Bill White, représentant de Donald Trump en Belgique, a critiqué le gouvernement fédéral belge concernant une enquête judiciaire sur la circoncision rituelle juive à Anvers, où réside la majorité des 29 000 membres de la communauté juive du pays.
Plusieurs mohels — hommes juifs formés pour pratiquer cette intervention sur des garçons âgés de huit jours — sont actuellement jugés pour pratiques illégales. L’enquête a commencé en 2024 suite à une plainte de la communauté juive elle-même.
« VOUS DEVEZ IMMÉDIATEMENT METTRE FIN À LA “POURSUITE” RIDICULE ET ANTISÉMITE DES TROIS PERSONNALITÉS RELIGIEUSES JUIVES (MOHELS) À ANVERS ! », a écrit Bill White lundi 16 février sur X.
Bill White, se décrivant comme un catholique fervent avec un « héritage juif », a également critiqué le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, le qualifiant sur X de « très grossier » et anti-Trump.
Maxime Prévot a rejeté cette accusation, la qualifiant de « dangereuse ». Selon lui, « un ambassadeur accrédité en Belgique a la responsabilité de respecter nos institutions, nos représentants élus et l’indépendance de notre système judiciaire ».
Bill White a répondu en demandant que l’affaire judiciaire soit « immédiatement classée » et en affirmant que la position du gouvernement consistant à attendre la décision était en soi antisémite.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, s’est exprimé lundi soir sur cette affaire, soutenant ka position de Bill White. Les deux hommes ont ensuite semblé convenir de se rendre ensemble à Anvers.
Vincent Van Quickenborne, député belge et ancien ministre de la Justice, a confié à Euractiv qu’« après avoir été convoqué, un ambassadeur est censé garder le silence ». « Ce n’est pas le cas de cet homme. S’il persiste dans son indignation, il risque de violer la Charte des Nations unies et le droit international coutumier. »
Michael Freilich, seul député juif de Belgique, a averti que l’issue de cette affaire pourrait limiter la liberté religieuse.
« Il n’y aura jamais d’interdiction de la circoncision, mais il y aura une interdiction de facto », a-t-il expliqué à Euractiv. « Si vous dites que seuls les médecins peuvent la pratiquer, il est évident que les Juifs n’iront pas chez un médecin à l’hôpital, car la plupart des médecins ne sont pas juifs », a-t-il conclu.