L’alliance PP-Vox divisée sur la Pride, la gauche en profite
Les municipalités gouvernées par le parti d’extrême droite Vox ont refusé mercredi (28 juin) d’accrocher des drapeaux arc-en-ciel pour célébrer la Pride, journée des fiertés LGBTQIA+. Le Partido Popular a exposé ses divisions et le camp de gauche a profité de la célébration pour attaquer ses rivaux.
Les municipalités gouvernées par le parti d’extrême droite Vox ont refusé mercredi (28 juin) d’accrocher des drapeaux arc-en-ciel pour célébrer la Pride, journée des fiertés LGBTQIA+. Le Partido Popular a exposé ses divisions et le camp de gauche a profité de la célébration pour attaquer ses rivaux, à l’approche des élections du mois prochain.
La journée des Fiertés en Espagne a lieu le 28 juin. Les institutions publiques et les bâtiments officiels placent des drapeaux arc-en-ciel sur leurs façades en signe de soutien, mais l’entrée de Vox dans de nombreux conseils municipaux et parlements régionaux après les élections du 28 mai a considérablement réduit le nombre de symboles LGBTQIA+.
L’alliance de Vox (CRE) et du Parti populaire (PPE) a entraîné la disparition de nombreux ministères régionaux de l’égalité, et l’annonce de la réforme des lois sur les personnes transgenres.
« Non, je n’avais pas l’intention de [la] célébrer, entre autres, je suppose, parce que je suis hétérosexuel », a déclaré mercredi le leader de Vox, Santiago Abascal, dans une interview diffusée par la chaîne publique espagnole RTVE sur le thème de la célébration de la pride.
La journée des fiertés LGBTQIA+ « a beaucoup moins d’importance que ce que certains politiques et lobbies voudraient nous faire croire […] beaucoup de personnes homosexuelles, dont certaines votent pour Vox, ne s’identifient pas aux messages des lobbies ou ne croient pas qu’elles devraient avoir une journée spéciale de célébration […] Je pense que je représente ces personnes », a ajouté M. Abascal, un ami du Premier ministre hongrois Viktor Orbán et de la Première ministre italienne Giorgia Meloni.
Je mets le drapeau… tu enlèves le drapeau
Sur les 17 parlements régionaux d’Espagne, celui de Castilla y León, où le PP et Vox gouvernent en coalition, n’a pas accroché le drapeau LGBTQIA+ pour la deuxième année consécutive, mais le parti socialiste (PSOE/S&D) en a accroché un mercredi sur le balcon à l’extérieur du bureau de son groupe parlementaire, a rapporté RTVE.
Le président du parlement régional, Carlos Pollán (Vox), a menacé mercredi matin d’envoyer les services de sécurité du parlement retirer l’emblème si les socialistes ne le faisaient pas, et a même menacé plus tard de dénoncer le chef du PSOE dans la région, Luis Tudanca. Cependant, à la fin de la journée, le drapeau LGBTQIA+ flottait toujours.
Le maire de Madrid, José Luis Martínez Almeida (PP), avait décidé il y a quelques années de ne pas accrocher le symbole LGBTQIA+ à l’hôtel de ville, invoquant un arrêt de la Cour suprême qui interdisait l’utilisation de drapeaux non officiels sur les façades des bâtiments publics en Espagne.
Cependant, mercredi soir, la façade de l’hôtel de ville de la capitale espagnole et l’emblématique fontaine de Cibeles, l’un des principaux symboles touristiques de Madrid, ainsi que la Puerta de Alcalá, ont de nouveau été illuminées aux couleurs de l’arc-en-ciel.
Le siège du PP à Madrid éclairé aux couleurs de l’arc-en-ciel
Par ailleurs, à la surprise générale, le PP a pris ses distances avec Vox et, pour la première fois de son histoire récente, a illuminé son siège de la rue Génova, à Madrid, aux couleurs de la communauté LGBTQIA+.
Le parti de centre-droit a accroché le drapeau LGBTQIA+ dans les conseils municipaux où il gouverne seul, notamment à Valence, Saragosse et Logroño.
Cette « guerre des drapeaux » est un nouvel exemple de la division entre le PP et Vox, qui, s’ils semblent condamnés à devoir s’entendre s’ils veulent un jour accéder au gouvernement espagnol, font en revanche la démonstration de leur manque d’harmonie sur un certain nombre de sujets.
Pour tenter d’atténuer la controverse, le président du Partido Popular et candidat au poste de Premier ministre, Alberto Núñez Feijóo, a adressé ses félicitations à la communauté LGBTQIA+.
« La liberté, c’est pouvoir choisir. Nous célébrons la reconnaissance de la diversité et le fait que chacun puisse décider qui il veut être […] dans sa vie », a-t-il déclaré.
Pendant ce temps, la ministre controversée de l’Égalité Irene Montero (Podemos) a appelé à une journée des fiertés LGBTQIA+ « heureuse et combative » et le chef de l’exécutif, Pedro Sánchez, a exprimé sa fierté d’appartenir à un pays « ouvert, heureux et diversifié ». Il a également réitéré le message avec lequel le PSOE veut s’opposer au discours de Vox : « Pas un pas en arrière ».