L'Allemand Manfred Weber seul en lice pour devenir le chef de la droite européenne
Le Parti Populaire Européen, droite pro-européenne, va élire mardi (31 mai) un nouveau président pour succéder au Polonais Donald Tusk et un seul candidat est en lice, l'Allemand Manfred Weber.
Le Parti Populaire Européen, droite pro-européenne, va élire mardi (31 mai) un nouveau président pour succéder au Polonais Donald Tusk et un seul candidat est en lice, l’Allemand Manfred Weber, avec l’ambition de rendre à la famille démocrate-chrétienne son influence.
Réunis en Congrès mardi et mercredi à Rotterdam, les partis de la droite conservatrice sont en perte de vitesse et enchainent les défaites. L’élection présidentielle en France en mai a été un désastre pour le parti « Les Républicains » avec moins de 5% des suffrages pour leur candidate Valérie Pécresse, reconnaissent les responsables du PPE.
La famille a perdu son chef politique avec la retraite d’Angela Merkel et ses grandes composantes, la CDU allemande, le Partido Popular espagnol, Forza Italia et Les Républicains en France sont aujourd’hui dans l’opposition.
Le PPE ne compte plus que 7 dirigeants sur 27 à la table du conseil européen qui réunit les Vingt-Sept (Grèce, Autriche, Chypre, Roumanie, Croatie, Lituanie, Lettonie) et s’il reste la première force au Parlement européen, il doit composer avec les Socialistes et les Libéraux de Renew.
« Rien ne peut se faire sans nous », insistent ses responsables. Mais le temps de la majorité en grande coalition avec les Socialistes est passé.
Originaire de Bavière, membre de la CSU bavaroise, parti frère de la CDU, élu député européen en 2004, Manfred Weber, 49 ans, dirige le groupe du PPE depuis 2014. L’homme est discret, sans grand charisme, et refuse d’apprendre le français, l’une des deux langues de travail des institutions.
Il a fait toute sa carrière au Parlement européen et n’a aucun contact avec les dirigeants de l’UE, contrairement à l’ancien Premier ministre Donald Tusk ou à son mentor, le Français Joseph Daul, qui avait l’oreille d’Angela Merkel.
Il se voyait prendre la présidence de la Commission européenne en 2019, mais le président français Emmanuel Macron a contrarié cette ambition et l’a publiquement humilié en jugeant qu’il n’avait « ni l’expérience ni l’autorité requises » pour diriger l’exécutif bruxellois. La présidence est revenue à sa compatriote Ursula von der Leyen.
Manfred Weber n’a pas renoncé. « Tout le monde tenait pour acquis qu’il briguerait la présidence du Parlement européen », a confié à l’AFP un de ses proches. Mais la décision de Donald Tusk de lâcher la présidence du PPE pour retourner en politique en Pologne lui a offert une nouvelle option.
Cumul des fonctions
Il se présente comme un modéré au sein de la CSU et un homme de compromis. Défenseur des valeurs européennes, il est dur sur l’immigration illégale, partisan de la fermeté vis-à-vis des candidats à l’adhésion et hostile à une UE trop dépensière, au nom des intérêts des contribuables.
Le départ de Fidesz du groupe du PPE en mars 2021 lui a ôté une épine du pied, mais le problème hongrois reste posé car s’il a été suspendu sine die depuis mars 2019, le parti de Viktor Orban n’a toujours pas été formellement exclu du parti.
Donald Tusk a tenté de l’obtenir pendant son mandat, mais son initiative a été bloquée par la CDU et ses alliés du PP espagnol.
Réélu à la tête du groupe, Manfred Weber a annoncé au PPE son intention de briguer la présidence et de « cumuler les deux fonctions afin de renforcer le lien entre le parti et le groupe au Parlement pour politiser le débat européen et peser au sein du Conseil européen », a expliqué un responsable du PPE.
Il estime qu’avec la suspension du Fidesz, le cas Orban a été « réglé ».
L’élection du président débutera mardi à 14H30 (12H30 GMT) et le résultat sera proclamé à 20H00 (18H00 GMT). Elle sera suivie par un sommet des chefs de gouvernements du PPE et des dirigeants des partis dans l’opposition dans leurs pays.
Membres de la famille, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et la présidente du Parlement européen Roberta Metsola doivent participer au Congrès. Le parti désignera mercredi son secrétaire général, son trésorier et ses dix vice-présidents.