L’Allemagne doit consacrer 2 % de son PIB à la défense, rappelle Jens Stoltenberg

L’OTAN attend de l’Allemagne qu’elle respecte son engagement de consacrer 2 % de son PIB à la défense, a déclaré le secrétaire général de l’alliance militaire, Jens Stoltenberg lundi.

/ Euractiv.com
German Chancellor Olaf Scholz meets Mongolian Prime Minister Luvsannamsrain Oyun-Erdene
Dans le cadre de cette stratégie, Olaf Scholz a souligné son engagement à « atteindre sa contribution de 2 % aux objectifs de capacité de l’OTAN en moyenne pluriannuelle » — une mise en garde qui, selon certains critiques, laisse ouverte la possibilité que les dépenses tombent en dessous de la barre des 2 % certaines années. [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

L’OTAN attend de l’Allemagne qu’elle respecte son engagement de consacrer 2 % de son PIB à la défense, a déclaré le secrétaire général de l’alliance militaire, Jens Stoltenberg, à l’issue de ses entretiens avec le chancelier Olaf Scholz, lundi (19 juin).

À Berlin, Jens Stoltenberg a salué la nouvelle stratégie de sécurité nationale de l’Allemagne, la première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui prévoit une augmentation des dépenses de défense.

Dans le cadre de cette stratégie, le pays a souligné son engagement à « atteindre sa contribution de 2 % aux objectifs de capacité de l’OTAN en moyenne pluriannuelle », mais l’avertissement de M. Stoltenberg laisse penser que les dépenses pourraient tomber en dessous de la barre des 2 % certaines années.

Interrogé à ce sujet, M. Stoltenberg a indiqué qu’il n’attendait rien de moins qu’un engagement fiable de la part de l’Allemagne, arguant que les objectifs de l’OTAN nécessiteraient des dépenses individuelles encore plus élevées.

Il a également répété que les alliés de l’OTAN devaient désormais investir un « minimum » de 2 % dans la défense, ce qui devrait être considéré comme un « plancher » et « non comme un plafond ».

En 2014, les membres de l’OTAN se sont engagés à consacrer 2 % de leur PIB à la défense. Toutefois, en 2022, seuls sept pays ont respecté cet engagement. C’est pourquoi M. Stoltenberg a demandé à tous les alliés militaires d’augmenter leurs dépenses.

Aller au-delà de 2 % ?

« Si l’on considère les capacités et les ambitions dont nous avons besoin, il faudra plus de 2 % pour de nombreux pays », a également déclaré M. Stoltenberg, sans citer l’Allemagne.

« Il y aura toujours des fluctuations, mais la réalité est que nous vivons dans un monde plus dangereux. Nous devrons en payer le prix et investir davantage dans la défense et la sécurité… Nous ne serons pas en mesure de faire face au changement climatique et à d’autres problèmes si nous ne vivons pas en paix », a-t-il insisté.

Alors que la plupart des alliés se sont engagés à augmenter leurs dépenses de défense à la suite du déclenchement de la guerre en Ukraine, le débat se poursuit sur la question de savoir si les pays signeront une nouvelle promesse d’augmenter leurs objectifs de dépenses au-delà de 2 %.

Des pays comme l’Italie ont déclaré que leur économie ne pouvait supporter un tel accord, tandis que d’autres, comme l’Allemagne ou la Norvège, affirment que la croissance de leur PIB les oblige à investir au-dessus de leurs moyens.

Bien que Berlin ait promis en février dernier 100 milliards d’euros pour la défense, cette somme n’a pas encore été dépensée et n’est donc pas encore prise en compte dans les objectifs de 2 % de l’Allemagne.

Cette question a irrité les diplomates de l’OTAN de différents pays, qui ont fait valoir qu’il s’agissait d’une question de comptabilité, critiquant l’engagement comme un « critère » imparfait pour définir si un membre a contribué positivement — ou non — à la sécurité transatlantique.

L’Allemagne contre l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN

Le secrétaire général de l’OTAN et le chancelier allemand ont également abordé les spéculations sur l’avenir de l’Ukraine au sein de l’Alliance.

« Nous n’avons pas discuté d’une invitation formelle [à rejoindre l’OTAN] en préparation du sommet de l’OTAN à Vilnius », a souligné M. Stoltenberg, laissant entendre qu’une invitation lors du sommet est désormais très improbable.

Il a toutefois souligné les efforts déployés pour améliorer le statut des relations de Kiev au sein de l’Alliance, notamment la création du Conseil OTAN-Ukraine.

« Nous nous concentrons sur ce qui est important aujourd’hui, à savoir soutenir l’Ukraine dans la défense de son territoire, de son intégrité et de sa souveraineté », a ajouté Olaf Scholz.

L’Allemagne a déjà soutenu la position des États-Unis selon laquelle le soutien pratique à l’Ukraine doit rester la priorité numéro un, sans pour autant donner à Kiev un calendrier ou une feuille de route pour l’adhésion à l’alliance d’après-guerre.

Lors de la réunion, les deux dirigeants ont également discuté de la protection des infrastructures maritimes essentielles, en particulier en mer du Nord. Vendredi dernier (16 juin), les ministres de la Défense de l’OTAN ont donné leur feu vert à la création d’un nouveau centre consacré à la protection de ces infrastructures, qui contribuera à lutter contre ces menaces.

L’Allemagne a mené les efforts dans ce domaine avec la Norvège, car le pays a été secoué par une attaque contre le gazoduc Nord Stream 2, désormais fermé, dans la mer Baltique l’année dernière.

« Les sabotages de gazoducs, mais aussi de câbles sous-marins et d’éoliennes, affectent la sécurité de l’ensemble de l’alliance. Ils ne concernent pas seulement certains États membres », a plaidé M. Scholz.

Le prochain sommet annuel de l’OTAN se tiendra à Vilnius à la mi-juillet. Il s’agira probablement du dernier sommet de M. Stoltenberg à la tête de l’alliance militaire occidentale, puisque son mandat devrait expirer en octobre.

À Berlin, M. Stoltenberg a réaffirmé qu’il se retirerait après cette date, déclarant qu’il n’avait « aucune intention de demander une prolongation ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]