L’âge de départ à la retraite « n’est pas négociable », selon Élisabeth Borne

Alors que la France se prépare à une semaine sociale mouvementée avec une grève massive prévue pour mardi, le gouvernement maintient le cap malgré les critiques croissantes à l’égard de son projet de loi visant à faire passer l’âge de la retraite de 62 à 64 ans.

Euractiv France
French Parliament examines the two motions of no-confidence against the government
« Ça n'est plus négociable, la retraite à 64 ans et l'accélération (de l'allongement de la durée de cotisation, ndlr) de la réforme Touraine », a déclaré Élisabeth Borne dimanche (29 janvier). [EPA-EFE/TERESA SUAREZ]

Alors que la France se prépare à une semaine sociale mouvementée et une grève massive prévue mardi, le gouvernement garde le cap : le recul de l’âge de la retraite de 62 à 64 ans « n’est pas négociable » a martelé la Première ministre

Alors que le projet de réforme arrive en Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale lundi (30 janvier), le report de l’âge de la retraite de 62 à 64 ans, largement critiqué par les syndicats et la plupart de l’opposition, ne pourra être sujet à débats, selon la Première ministre Élisabeth Borne.

« C’est le compromis que nous avons proposé après avoir entendu les organisations patronales et syndicales, après avoir échangé avec les différents groupes parlementaires […] C’est nécessaire pour assurer l’équilibre du système », a-t-elle ajouté sur Franceinfo dimanche (29 janvier).

Le député Rassemblement national, Julien Odoul, a condamné l’attitude de la Première ministre sur l’antenne de France Inter, estimant que « la dignité des Français est toujours négociable ».

« Ce n’est pas à la Première ministre de décider du débat parlementaire. Ce n’est pas à elle de décider quelles seront les mesures qui seront adoptées par les députés, ce qui sera négociable ou pas », a déclaré M. Odoul.

Même dans les rangs des Républicains (LR), dont certains voient la réforme d’un œil favorable, les déclarations d’Élisabeth Borne ont fait sourciller. Le vice-président du parti, Aurélien Pradié, s’est même fendu d’une critique à l’endroit de la Première ministre sur France 3.

« J’avoue que le petit coup de menton de ce matin commence à me faire penser que, au fond, les macronistes ne changeront jamais », a-t-il déclaré. Même si certains membres des Républicains restent favorables à une réforme, le soutien de tous les députés LR n’est pas assuré, et une majorité claire ne se dessine pas encore.

« Quand on appartient à une majorité, on soutient les propositions qui faisaient partie du projet présidentiel », a déclaré M. Le Maire, ajoutant qu’il espérait que les Républicains soutiendraient cette réforme « jusqu’au bout ».

Lundi, les députés français commenceront l’examen du projet de loi et des milliers d’amendements déposés sur ce texte par les oppositions.

Du côté de la gauche, la NUPES a déposé à elle seule 6 938 amendements au projet de loi, dans le but de « forcer le gouvernement à expliquer son texte », selon le député de gauche La France Insoumise (LFI) Hadrien Clouet.

« La dernière fois, nous avions fait le choix de vouloir ralentir les débats pour laisser aux gens le temps de se mobiliser. Cette fois-ci, nous voulons forcer le gouvernement à s’expliquer sur chaque article de son projet de loi », a-t-il déclaré, faisant référence à la précédente réforme du système de retraite en 2020, lorsque la LFI avait soumis 40 000 amendements.

Selon un sondage réalisé par l’Ifop pour le JDD, plus des deux tiers des Français (68 %) sont opposés à la réforme des retraites du gouvernement dont 42 % y sont des réfractaires absolus.

[Edité par Théo Bourgery-Gonse]