Lagarde presse Bruxelles sur les ventes à découvert
Christine Lagarde a appelé à une coordination européenne sur les ventes à découvert et demandé à la Commission européenne d’accélérer ses travaux sur le sujet.
Christine Lagarde a appelé à une coordination européenne sur les ventes à découvert et demandé à la Commission européenne d’accélérer ses travaux sur le sujet.
Lors d’une conférence de presse, mercredi 2 juin, à deux jours de la réunion du G20 Finance en Corée du Sud, la ministre française de l’Économie a pressé Bruxelles d’accélérer le mouvement sur les ventes à découvert et estimé que les mesures récemment prises par l’Allemagne avaient un champ d’application limité.
« Les Allemands, la semaine dernière, ont décidé d’un principe d’interdiction des ventes à découvert dans des encadrements, dans des règles, dans des paramètres étroits », a dit Christine Lagarde. « Il ne faut pas non plus l’ériger comme un principe général. »
Critiqué par la France pour avoir fait cavalier seul le mois dernier sur la régulation de certaines ventes à découvert à nu, le gouvernement allemand a adopté un projet de loi visant à élargir l’interdiction de cette technique financière à l’ensemble des valeurs boursières, y compris les dérivés.
Christine Lagarde a rappelé que la Commission devait présenter d’ici l’automne une réglementation européenne sur les ventes à découvert.
« Sur ce sujet, à nouveau, je souhaite que la Commission européenne puisse accélérer les travaux tout simplement parce qu’il faut que nous puissions avoir des positions coordonnées au niveau européen », a-t-elle ajouté.
La France a interdit les ventes à découvert sur les valeurs financières depuis l’automne 2008, après la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers.
« Nous n’avons jamais levé cette interdiction et il n’est pas question d’ailleurs que nous la levions », a déclaré la ministre.
G20
Les ministres des Finances des pays du G20 se réunissent vendredi 4 et samedi 5 juin à Busan, en Corée du Sud, pour discuter de la régulation financière et bancaire internationale et de la croissance économique mondiale.
« Toutes les questions de régulation financière, toutes les questions de capitalisation, de recapitalisation et de renforcement des capitaux propres des banques ainsi que la question de la taxation applicable aux banques seront à l’ordre du jour de nos débats », a dit Christine Lagarde.
Le contrôle des agences de notation, l’encadrement des bonus des traders, la régulation des marchés de dérivés comme celui des credit default swaps (CDS), la lutte contre les paradis fiscaux et la surveillance des fonds spéculatifs figurent ainsi au menu des discussions du G20 Finance de Busan.
Depuis l’éclatement de la crise financière internationale, la plus grave depuis les années 1930, les chefs d’État et de gouvernement des pays du G20 s’efforcent de réformer le système financier pour décourager la spéculation et prévenir une nouvelle crise systémique.
Malgré des avancées, notamment sur un certain encadrement des bonus des traders, les États peinent toutefois à se mettre d’accord sur des mesures concrètes, homogènes et d’application internationale, comme en témoignent les débats sur les nouvelles exigences de fonds propres et de taxe bancaires.
« Les choses avancent. (…) Certains, qui sont dans l’immédiateté et l’annonce à répétition, aimeraient sans doute que ça avance beaucoup plus vite », a souligné Christine Lagarde.
« Le seul problème, c’est que pour qu’on soit efficace en matière internationale, financière, il faut qu’on soit à peu près tous sur la même page », a-t-elle conclu.