L’aérien français vent debout contre l’annonce de nouvelles taxes par le gouvernement
L’industrie aéronautique française s’est dite « fermement opposée » à toute augmentation de taxe qui ne soit pas fléchée vers la décarbonation du secteur, a lancé Pascal de Izaguirre, PDG de Corsair et président de la Fnam sur BFM Business lundi.
L’industrie aéronautique française s’est dite « fermement opposée » à toute augmentation de taxe qui ne soit pas fléchée vers la décarbonation du secteur, a lancé Pascal de Izaguirre, PDG de Corsair et président de la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (Fnam) sur BFM Business lundi (4 septembre).
Le ministre délégué chargé des Transports Clément Beaune expliquait dans L’Obs le 30 août dernier vouloir augmenter la taxe dite « de solidarité » s’appliquant à tous les vols au départ de la France afin de financer les investissements dans le ferroviaire. Il souhaite aussi imposer un tarif minimum du billet d’avion afin de « lutter contre le dumping social et environnemental ».
Ces annonces sont inévitablement synonymes d’une « [nouvelle] augmentation du prix du billet d’avion », a alerté M. de Izaguirre lundi sur BFM Business. « Le transport aérien supporte déjà énormément de taxes et de redevances : sur [une] liaison européenne, [la moitié du billet est faite] de taxes et de redevances ».
Il a en outre déploré le fait que ces propositions n’aient été « l’objet d’aucune concertation », et soient révélées par voie de presse.
Le président de la Fnam, qui représente 95 % du transport aérien français et neuf cœurs de métiers, s’est donc opposé sans ménagement à tout impôt qui ne soit pas entièrement fléché vers la décarbonation du secteur aérien : « Si taxes il y a sur le transport aérien, elles doivent être fléchées vers la décarbonation du transport aérien et non pas au financement du ferroviaire ».
Quant à un prix minimum du billet d’avion, dont les modalités s’appliqueraient avant tout aux compagnies « low cost », il ne doit pas être plus que le montant des taxes et redevances, sans quoi « ça ferait sortir le transport aérien de l’économie de marché ».
Les prix particulièrement bas de certaines compagnies sont certes une preuve de dumping, insiste le PDG, mais « ils résultent de l’octroi de subventions accordées par des collectivités et des aéroports [étrangers] qui sont interdites », tandis que certaines compagnies « ne respectent pas les règles du droit social français ».
« Il y a déjà ceci à faire appliquer par le gouvernement » de telle manière que les prix seraient mécaniquement revus à la hausse, avant de se tourner vers l’impôt.
Enfin, M. de Izaguirre a insisté sur les « investissements gigantesques » que va requérir la décarbonation du secteur aérien français : un milliard d’euros devra être dégagé d’ici 2025 et trois milliards d’ici 2030, « sans prendre en compte l’aspect modernisation et renouvellement des flottes ».
La proposition d’un tarif minimum devrait être présentée au niveau européen par le ministre dans les prochains jours. Des taxes supplémentaires sur les sociétés d’autoroutes et les billets d’avion devraient figurer dans le budget 2024 de la France.