L’actu en capitales: Londres en pleine tourmente alors que les Britanniques se rendent aux urnes

L’actu en capitales récapitule l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv.

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Londres dans la tourmente alors que les Britanniques se rendent aux urnes.

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Le gouvernement britannique a secoué par la démission de la ministre britannique chargée des relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, le soir du 22 mai, ainsi que des appels à la démission de la Première ministre, Theresa May. C’est aujourd’hui, le 23 mai, que les Britanniques votent pour les européennes. Le Brexit Party de Nigel Farage est largement en tête. Selon les estimations, le groupe pourrait remporter une trentaine de sièges au Parlement européen.

Dans sa lettre de démission, Andrea Leadsom dit ne pas croire que l’approche de Theresa May « permettra de respecter le résultat du référendum » de 2016. « Je sais qu’il y aura des élections importantes demain, et de nombreux conservateurs ont travaillé dur pour appuyer nos excellents candidats », a ajouté la conservatrice. « J’ai bien réfléchi au moment de cette décision, mais je ne peux pas remplir mon devoir en annonçant demain à la chambre des Communes un projet de loi auxquels je m’oppose fondamentalement. »

Entre-temps, chef de file des députés conservateurs, Graham Brady, du Comité 1922, a annoncé s’entretiendrait avec la Première ministre le lendemain des élections. Les voix demandant sa démission immédiate sont plus en plus nombreuses. Theresa May pourrait être contrainte de quitter son poste dès cette semaine, alors qu’une coalition de députés conservateurs rebelles cherche à modifier les règles du parti afin de leur permettre de l’évincer le plus tôt possible.

Du côté travailliste, le président du parti, Ian Lavery, estime que le Première ministre n’a plus rien à apporter au pays. « Pendant que les conservateurs se déchirent, notre pays est en crise. Pour le bien du pays, Theresa May doit partir. »

Plusieurs sources gouvernementales de haut rang ont déclaré que l’autorité de Theresa May était considérablement compromise et qu’elle avait perdu la confiance de tous les partis de la chambre. L’accord de retrait de l’UE qu’elle doit représenter aux élus après quelques modifications, qui laisse entrevoir la possibilité d’un nouveau référendum, ne devrait pas être mieux accueilli cette fois-ci.

Jacob Rees-Mogg, frondeur de l’aile la plus dure du parti conservateur, a réaffirmé son soutien à l’ancien ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, qu’il voudrait voir prendre la tête du parti et donc du gouvernement. Selon le sondeur britannique YouGov, Boris Johnson est favori, suivi de l’ex-négociateur du Brexit, Dominic Raab. (Samuel Stolton, Euractiv)

PARIS

Bannon comptabilisé à l’extrême droite : L’autorité audiovisuelle (CSA) a décidé que les interviews de Steve Bannon, l’ex-stratégiste controversé de Donald Trump, seront comptabilisées comme du temps de parole du Rassemblement national pour les élections européennes.

Élargissement : Le débat sur l’élargissement de l’UE a été animé en France après que Nathalie Loiseau, la principale candidate du camp Macron, ait montré peu d’enthousiasme à accepter de nouveaux membres dans l’union. Elle a déclaré à la radio RTL qu’elle avait bloqué l’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du Nord à l’UE lorsqu’elle était ministre des Affaires européennes. François-Xavier Bellamy, tête de liste du parti conservateur Les Républicains (LR), lui a rappelé que le président avait soutenu l’élargissement lors de son discours à la Sorbonne. (Euractiv France)

BRUXELLES

Michel à l’UE ? « Le Parlement européen […] a besoin d’une coalition plus large et plus équilibrée qui devrait être construite par des dirigeants comme Charles Michel, Mark Rutte, Antonio Costa et d’autres », a déclaré Emmanuel Macron au quotidien belge Le Soir. Il a félicité le Premier ministre belge, actuellement à la tête d’un gouvernement en affaires courantes, pour sa politique « courageuse et efficace » lors de l’approbation du pacte migratoire, ajoutant qu’il serait un candidat idéal pour un poste à responsabilité dans l’UE.

VIENNE

Le gouvernement en crise : Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a cherché à limiter les retombées de la chute de son gouvernement de coalition. S’il veut survivre au vote de défiance prévu lundi, il doit maintenant gagner le soutien des sociaux-démocrates de l’opposition (SPÖ) ou d’un parti d’extrême droite échaudé, le Parti de la liberté (FPÖ). De nombreux législateurs du FPÖ sont furieux qu’il ait mis fin à la coalition à la suite du scandale de corruption et les sociaux-démocrates sont susceptibles de déterminer le résultat du vote de lundi. (Claire Stam, Euractiv Allemagne)

VARSOVIE

Timmermans et Weber en Pologne : Le socialiste Frans Timmermans est en visite à Varsovie pour soutenir le nouveau parti progressiste Wiosna, qui pourrait rejoindre le S&D et devrait obtenir trois ou quatre sièges européens. Le candidat PPE Manfred Weber rencontrera pour sa part le chef de la Plateforme civique, Grzegorz Schetyna. La course est très serrée entre le parti Droit et justice au pouvoir et la coalition pro-européenne. (Euractiv Pologne)

ATHÈNES / SOFIA / SARAJEVO

Gaz azéri contre gaz russe : Le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, et son homologue grec, Alexis Tsipras, se sont rencontrés le 22 mai pour marquer le début des travaux de construction de l’interconnexion gazière entre la Bulgarie et la Grèce (IGB), une liaison de 182 kilomètres entre les réseaux de transport de gaz des deux pays prévue pour transporter du gaz azéri. La mise en service du gazoduc est prévue pour la fin de l’année 2020. Alexis Tsipras a déclaré que l’IGB ferait des Balkans une plaque tournante de l’énergie, tandis que Boyko Borissov a souligné la nécessité de diversifier les livraisons de gaz naturel. À l’heure actuelle, Sofia est totalement dépendante du gaz russe.

Une diversification que ne souhaite pas Milorad Dodik, président bosnien, qui a déclaré qu’il ferait tout pour que son approvisionnement en gaz reste lié à la Russie. Au lieu de se connecter au gazoduc croate de GNL sur l’île de Krk, il soutient un nouveau gazoduc orienté exclusivement vers les fournisseurs russes. (Dnevnik, Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce, Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)