Labour britannique : déroute électorale en vue [FR]

Le premier ministre britannique Gordon Brown a déclaré lundi qu’il ne démissionnerait pas malgré les sondages montrant que son parti, le Labour, actuellement au pouvoir, pourrait chuter à une humiliante troisième place lors des élections européennes de cette semaine.

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Le premier ministre britannique Gordon Brown a déclaré lundi qu’il ne démissionnerait pas malgré les sondages montrant que son parti, le Labour, actuellement au pouvoir, pourrait chuter à une humiliante troisième place lors des élections européennes de cette semaine.

Deux sondages publiés en fin de semaine ont montré que le parti travailliste pourrait se retrouver en troisième position lors des élections européennes.

Une enquête ICM parue dans le Sunday Telegraph a révélé que seulement 17 % des électeurs ont prévu de voter pour le Labour, contre 29 % pour les conservateurs et 20 % pour les démocrates libéraux.

Un tel résultat mettrait l’opposition conservatrice en tête pour remporter l’élection nationale que M. Brown doit organiser au cours de l’an prochain, et il pourrait amener certains détracteurs à l’intérieur même du parti travailliste à remettre en question le leadership de M. Brown.

M. Brown, qui se bat pour affirmer son autorité alors qu’un scandale de corruption terni les principaux partis politiques britanniques, a déclaré qu’il était de son devoir de nettoyer le système et de sortir le Royaume-Uni de la grave récession avant d’appeler à une élection nationale.  

Je reste pour faire le travail que je dois faire, a expliqué M. Brown à la station de radio BBC quand on lui a demandé s’il pourrait démissionner pour le bien de son parti.

Tous les principaux partis sont impliqués mais les électeurs semblent vouloir punir le Labour, qui gouverne depuis 1997, lors des élections locales et européennes de jeudi.

Le ministre des Finances sous le feu des projecteurs

Pendant ce temps, le ministre des Finances de M. Brown, Alistair Darling, se retrouve sur la sellette à cause du scandale des dépenses de frais. M. Darling a été le principal architecte des plans conçus pour injecter des milliards de livres dans le sauvetage des banques britanniques chancelantes et pour essayer de redynamiser l’économie.

Le journal Daily Telegraph, qui a obtenu des enregistrements des dépenses des députés et qui les a publiés lors des dernières semaines, a rapporté que M. Darling avait déclaré des dépenses pour les charges d’un appartement londonien qu’il louait alors qu’il revendiquait également des dépenses pour un autre domicile mis à sa disposition gratuitement par le gouvernement. 

M. Darling a nié ces allégations, déclarant qu’il vivait dans l’appartement quand il avait réclamé les frais de services correspondants. Il a promis qu’il rembourserait les frais des derniers mois de 2007, au moment où il avait déménagé.

L’opposition démocrate libérale a appelé M. Darling à démissionner et il y a eu certaines spéculations sur le fait que M. Brown pourrait le faire sortir du gouvernement lors du remaniement attendu rapidement après les élections de jeudi.

Une douzaine de membres du Parlement, appartenant au Labour et au parti Conservateur, ont déclaré qu’ils se retireraient aux prochaines élections après avoir été critiqués en raison de leurs notes de frais.

Le dirigeant conservateur David Cameron a affirmé que le meilleur moyen pour nettoyer le système serait d’organiser immédiatement une élection nationale.

Mais M. Brown a repoussé ces appels. Nous avons un devoir avant de tenir des élections pour montrer au pays que le système a été nettoyé, a-t-il déclaré. J’ai la responsabilité de terminer le travail, qui est de sortir le Royaume-Uni de la pire récession économique que nous ayons connu depuis des années, a-t-il ajouté.

Il a annoncé qu’il allait mettre en place un « Conseil national pour le renouveau démocratique », invitant les personnes en dehors du système politique à aider à sa réforme.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV.)