La zone euro s’unit face à la crise financière
Après l’échec du G4, les États membres de la zone ont adopté un plan d’action européen, lors d’un sommet extraordinaire organisé à l’Elysée. Une boite à outil dans laquelle chaque État membre pourra puiser en fonction de son contexte national. La France, l’Allemagne et l’Italie dévoileront leur plan d’action simultanément lundi 13 octobre.
Après l’échec du G4, les États membres de la zone ont adopté un plan d’action européen, lors d’un sommet extraordinaire organisé à l’Elysée. Une boite à outil dans laquelle chaque État membre pourra puiser en fonction de son contexte national. La France, l’Allemagne et l’Italie dévoileront leur plan d’action simultanément lundi 13 octobre.
« Les pays de la zone euro veulent agir ensemble ». Contre toute attente, cette déclaration faite à la presse, dimanche 12 octobre, à l’occasion du sommet extraordinaire de l’eurogroupe est de…Gordon Brown, le premier ministre britannique, dont le pays refuse pourtant de faire partie de la zone euro.
Le symbole ne manque pas de sel. D’autant plus que les mesures prises lors de cette réunion de crise ont été poussées par ce dernier. Il a en effet indiqué, mercredi 8 octobre, qu’il garantirait les prêts interbancaires des institutions britanniques et créerait un fonds dans lequel les banques peuvent puiser.
Reçu par Nicolas Sarkozy peu avant le début de la rencontre, le premier ministre britannique est resté près d’une heure à la réunion des quinze. Le rôle de la Grande-Bretagne dans les réponses européennes à la crise aura donc été important. Une fois n’est pas coutume, c’est bien le couple Londres-Paris, et non Paris-Berlin, qui aura permis le compromis entre Européens. Après avoir refusé la mise en place d’un fonds de garantie européen, lors de la réunion du G4, samedi 4 octobre, Angela Merkel a fini par accepter d’appuyer une réponse européenne à la crise financière. Le président français avait besoin de l’appui de l’Allemagne. Il a été formellement obtenu lors de leur rencontre à Colombey les deux Eglises, samedi 12 octobre.
« Aller au-delà du G7 », « maximiser les chances de coordination »…la réunion extraordinaire de l’eurogroupe avait quoi qu’il en soit pour objectif de rassurer les marchés afin d’éviter à tout prix les faillites des banques européennes et redonner la confiance aux marchés après cette semaine houleuse.
Les ministres de la zone euro se sont mis d’accord sur différentes mesures :
- La recapitalisation de toutes les banques en difficulté.
- La garantie des prêts interbancaires par les États, afin de permettre à nouveau les crédits entre banques et ainsi remédier à l’assèchement des marchés. Mais ces prêts seront payants et le prix variera en fonction des risques pris par les établissements. Ce soutien sera plafonné et temporaire. Il concerne les émissions réalisées avant le 31 décembre 2009.
- Paris a également demandé à la Banque Centrale européenne de continuer à fournir des liquidités comme elle le fait depuis un mois.
- Les États membres pourront nationaliser partiellement des banques si besoin.
- Travailler sur les normes comptables, qui évaluent les actifs des banques. La Commission européenne devrait présenter un document sur ce sujet lors du Conseil européen des 15 et 16 octobre prochains.
La question de la mise en place d’un régulateur européen, discutée actuellement au Parlement européen mais qui divise l’Europe, ne fait pas partie des conclusions officielles de ce sommet extraordinaire. Cette mesure figurait cependant dans l’un des projets de conclusions. Une absence qui « déçoit » le premier ministre belge, Yves Leterme.
Les États se sont-ils fixés sur un plafond de ressources pour garantir les banques? Difficile à dire. Répondant à une question sur ce sujet lors de la conférence de presse, Nicolas Sarkozy a indiqué que ce problème serait abordé lors du prochain Conseil européen, car cette décision devait être prise à 27. Même le président de la Commission européenne à botté en touche sur ce sujet.
Il s’agit d’une « boîte à outil que chacun utilise à sa guise », a indiqué Angela Merkel, évoquant le plan d’action des Européens. Une manière de ne pas se voir imposer quoi que ce soit dans la gestion de la crise. Chaque État membre de la zone euro choisira donc les mesures qu’il mettra en œuvre et la somme qui correspond. Des plans d’actions seront annoncés simultanément, lundi 13 octobre, par la France, l’Allemagne et l’Italie.
Les solutions à la crise seront au menu de la réunion des chefs d’État et de gouvernement des 15 et 16 octobre. Nicolas Sarkozy souhaite également convaincre les Américains de convoquer rapidement un G8 élargi afin de bâtir un nouveau système financier international.