La zone euro renflouera Chypre, modalités à suivre

Les ministres des finances de la zone euro se sont engagés hier (4 mars) à convenir d’un renflouement de Chypre d’ici la fin du mois de mars, mais il reste encore à définir les modalités de financement.

EURACTIV.com / Reuters
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Les ministres des finances de la zone euro se sont engagés hier (4 mars) à convenir d’un renflouement de Chypre d’ici la fin du mois de mars, mais il reste encore à définir les modalités de financement.

 

Chypre avait sollicité un renflouement en juin 2012, mais un accord n'avait pu être scellé avec le précédent gouvernement dirigé par un communiste. Un nouveau gouvernement conservateur est entré en fonction le mois dernier et les négociations se sont intensifiées.

 

La troïka, à savoir l'Union européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne, enverra des experts en mission à Chypre aujourd'hui pour une analyse technique des besoins financiers du pays et une meilleure compréhension de  la position du nouveau gouvernement chypriote, a déclaré Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE.

 

Le président Nicos Anastasiades a promis le 28 janvier de travailler rapidement pour atteindre un accord en vue de venir en aide aux banques de l'île, qui ont besoin de fonds propres entre 8 et 10 milliards d'euros. Le renflouement total, comprenant le financement des opérations gouvernementales générales et de la dette existante, pourrait s'élever à 17 milliards d'euros, soit la production économique annuelle de Chypre.

 

Selon deux responsables de la zone euro, les ministres réunis à Bruxelles n'ont pas convenu de la meilleure manière de financer le renflouement, mais se sont engagés à trouver un accord d'ici la fin du mois de mars.

 

« L'Eurogroupe appelle les institutions internationales et Chypre à accélérer leurs travaux sur les éléments de constitution d'un programme et a convenu de donner un aval politique au programme vers la seconde quinzaine de mars », ont déclaré les ministres dans un communiqué.

 

Les nouvelles autorités chypriotes ont fait un geste en vue de parvenir à un accord en acceptant un audit indépendant de la manière dont les banques chypriotes appliquent les lois contre le blanchiment d’argent, peut-on lire dans ce communiqué.

 

L'île a répondu ainsi à des préoccupations soulevées par l'Allemagne concernant le blanchiment d'argent.

 

Les ministres ont examiné une variété d'options en vue de financer le renflouement et ont confirmé qu'il était « soutenable ». En d’autres termes, Chypre pourrait rembourser ces emprunts.

 

Privatisation, restructuration

 

La privatisation d'actifs publics, à commencer par l'opérateur des télécommunications de l'île, pourrait soulever 1,5 milliard d'euros. Chypre doit également restructurer le secteur bancaire mal en point, dont les actifs représentent huit fois le PIB du pays d'une économie de 17 milliards d'euros.

 

Des responsables allemands, appuyés par la Finlande et les Pays-Bas, veulent que les déposants des banques chypriotes, dont font partie bon nombre d'hommes d'affaires britanniques et russes, supportent eux aussi le coût d'un renflouement, une procédure appelée « recapitalisation interne ».

 

Chypre craint cependant que toute « recapitalisation interne » ne déclenche rapidement le retrait des capitaux de l'île et ne discrédite l'ensemble de son modèle d'entreprise, ce qui aggravera la situation économique.

 

Le nouveau ministre chypriote des finances, Michael Sarris, a qualifié la recapitalisation interne de mauvaise idée.

 

« Réellement et catégoriquement, il ne pourrait y avoir d'idée plus stupide, et cela ne s'applique pas seulement à Chypre, mais au monde entier et à la zone euro », a expliqué M. Sarris, un économiste très respecté, à des journalistes la semaine dernière.