La zone euro en récession économique jusqu’en 2010

Les prévisions économiques de l’OCDE pour la zone euro annoncent une croissance inférieure aux prévisions jusqu’à mi-2010. L’organisation préconise notamment une harmonisation des systèmes de surveillance nationaux.

Les prévisions économiques de l’OCDE pour la zone euro annoncent une croissance inférieure aux prévisions jusqu’à mi-2010. L’organisation préconise notamment une harmonisation des systèmes de surveillance nationaux.

« Le pire est à venir pour la zone euro. Les perspectives à court terme sont très mauvaises », a déclaré le secrétaire général de l’Organisation pour la Coopération et le développement économique (OCDE), Angel Gurria à l’occasion de la présentation des résultats économiques de la zone euro, mercredi 14 janvier.

La production devrait ralentir au premier semestre 2009 et la croissance devrait être inférieure aux prévisions jusqu’au milieu de l’année 2010, provoquant un creusement brutal des déficits, selon l’OCDE. Angel Gurria prévoit « une activité économique supérieure à 0%, sans que la situation soit faste avec une croissance faiblement positive pour 2010 ».

Par ailleurs, l’inflation globale qui avait atteint des niveaux très élevés, a récemment reflué, passant de 4 à 1,6%. « Les risques d’instabilité des prix n’ont pas totalement disparu, mais on ne constate guère à l’heure actuelle de larges effets de second tour, et les anticipations de prix semblent bien ancrées ». Afin de préserver la croissance, les autorités nationales doivent donc rester « très attentives à l’évolution des marchés de capitaux et de l’ensemble de l’économie », souligne l’étude.

Dans la mesure où les marchés de capitaux européens sont de plus en plus intégrés, l’OCDE préconise de « renforcer le cadre d’action pour faire face aux risques systémiques qui menacent le système financier ». Il s’agit, selon l’organisation, d’harmoniser les systèmes de surveillance au niveau national et de passer à une supervision plus centralisée et intégrée au niveau de l’UE.

Autre point important souligné par l’étude : l’équilibre budgétaire. La situation budgétaire s’est améliorée au cours des dernières années du fait de la croissance des recettes publiques. Celle-ci est cependant en train de s’essouffler avec le ralentissement de l’activité économique. L’OCDE rappelle que certains pays continuent à connaître d’importants déficits structurels et une dette croissante, mais estime que la viabilité budgétaire devrait rester l’une des grandes priorités à plus long terme.

Lire l’étude de l’OCDE dans son intégralité en cliquant ici

POINT DE VUE :

Commentant pour EURACTIV.fr les résultats de l’étude de l’OCDE, l’économiste de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) Eric Heyer, estime également que la zone connaîtra certainement «une croissance inférieure à son potentiel jusqu’à la mi-2010». Le potentiel trimestriel de croissance de la zone euro se situant, selon lui, entre 0,4 et 0,5%. La croissance sera donc négative ou légèrement positive en 2009.

Une croissance supérieure ou égale au potentiel de la zone euro conduirait à une stabilisation du chômage. Or, les plans de relance actuels « insuffisants », selon Eric Heyer, ne permettront pas de stopper la hausse du chômage. «La seule façon d’enrayer le chômage c’est une action de politique économique», ajoute-t-il. «La politique monétaire étant peu efficace en cas de trappe de liquidité, le meilleur outil est la politique de relance budgétaire». La limite de cette politique est cependant la viabilité de la dette.

A cet égard, l’économiste distingue trois groupes de pays  : les anglo-saxons, faiblement endettés, qui ont une marge de manœuvre plus grande; ceux qui, comme la Grèce et l’Italie ont déjà un endettement supérieur à 100% du PIB et pour qui se pose un problème d’endettement à long terme; et enfin, ceux qui, à l’image de la France et de l’Allemagne, se situent dans une position intermédiaire et peuvent avoir des difficultés pour financer leur dette.

Il insiste cependant sur la nécessité de nouveaux plans de relance qui agissent sur l’économie à court terme. «C’est d’autant plus indispensable que les plans de relance actuels sont axés sur les investissements et que ce type d’actions prend du temps pour déployer ses effets», conclut-il.