La zone euro cherche un moyen pour sortir de la crise de la dette irlandaise
Les ministres des finances de la zone euro tenteront aujourd'hui (16 novembre) de trouver un moyen pour mettre fin à la crise de la dette irlandaise. Dublin résiste et ne veut toujours pas demander de plan de sauvetage alors que la majorité au pouvoir devra faire face à des élections partielles cruciales à la mi-novembre.
Les ministres des finances de la zone euro tenteront aujourd'hui (16 novembre) de trouver un moyen pour mettre fin à la crise de la dette irlandaise. Dublin résiste et ne veut toujours pas demander de plan de sauvetage alors que la majorité au pouvoir devra faire face à des élections partielles cruciales à la mi-novembre.
Le gouvernement irlandais a déclaré qu'il menait des discussions sur la manière d'apporter une stabilité à ses banques et finances mais il nie la nécessité d'un sauvetage pour mettre fin aux problèmes qui se répandent dans les autres pays.
Le premier ministre irlandais, Brian Cowen, dont la majorité au parlement ne tient qu'à un fil alors qu'il se débat avec la pire crise économique de sa génération, a dit que les coûts élevés de l'emprunts posaient des difficultés aux banques dans leur soutien de la relance économique.
"[Nous devons discuter de] la meilleure manière de soutenir la stabilité financière et bancaire dans la zone euro", a-t-il dit à la chaîne télévisée nationale RTE.
Le gouvernement de M. Cowen est réticent quant au fait de demander de l'aide, en partie à cause des élections partielles qu'il ne peut se permettre de perdre le 25 novembre et parce qu'il souhaite préserver sa souveraineté, y compris un faible impôt sur les sociétés, un élément clé de la stratégie économique de l'Irlande.
Réunion de l'UE
Les fonctionnaires européens des finances discuteraient des coûts de financements et d'autres questions lors d'une réunion ce mardi, a dit M. Cowen, qui a répété que l'Irlande n'avait pas demandé d'argent pour permettre de financer l'Etat dont la dette était financée jusque mi-2011.
Le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, qui dirige les discussions à Bruxelles aujourd'hui, a dit que l'Irlande n'envisageait pas de demander un renflouement, mais l'opposition irlandaise pense que ce processus est déjà en cours.
"Les Irlandais pensent qu'ils peuvent garder ces problèmes sous contrôle", a-t-il dit à l'agence Bloomberg. "Ils ne sont pas prêts de demander une aide extérieure".
Les exigences de la dette irlandaise sont financées jusqu'à mi-2011, mais ses coûts d'emprunt se sont envolés la semaine dernière et les investisseurs craignent qu'elle ne puisse pas payer les intérêts. Cette situation a fait monter les coûts de l'emprunt dans d'autres pays de la zone euro, notamment en Espagne et au Portugal.
Dublin pourrait demander des financements pour soutenir ses banques qui se sont endettées avec la crise financière mondiale et un effondrement du marché immobilier. Une telle décision serait moins risquée politiquement que de demander un renflouement.
"Le coût de l'argent tel qu'il est exprimé sur le marché obligataire est très élevé même s'il est redescendu aujourd'hui. Nous devons discuter de cela avec nos partenaires […] sur la meilleure manière de soutenir la stabilité financière et bancaire dans la zone euro", a dit le premier ministre Cowen à la RTE lundi.
Si les coûts de l'emprunt restent aussi élevés, il sera difficile pour les banques de servir de moteurs à la relance, a-t-il dit.
"Pas de débordement"
Des économiste affirment que le gouvernement de M. Cowen pourrait attendre jusqu'à la fin des élections partielles pour demander de l'aide, mais le porte-parole aux finances de l'opposition, Michael Noonan, a dit à la BBC qu'il pensait que l'intervention européenne était en cours.
Ewald Nowotny, un membre du conseil d'administration de la Banque centrale, a dit que l'Union européenne souhaitait une solution rapide et adéquate pour l'Irlande afin qu'elle ne déteigne pas sur d'autres pays lourdement endettés comme le Portugal et l'Espagne.
Le gouverneur de la Banque d'Espagne, Miguel Angel Fernandez Ordonez, membre du conseil d'administration de BCE, a exhorté Dublin lundi d'en faire plus pour calmer les marchés financiers et a dit aux journalistes : "La situation sur les marchés n'est pas bonne, en partie à cause du manque de décision de l'Irlande. Ce n'est pas à moi de prendre une décision pour l'Irlande, c'est elle qui devrait prendre une décision au moment opportun".
Le ministre des finances portugais, Fernando Teixeira dos Santos, a dit à Reuters que le Portugal ne prévoyait pas de demander une aide d'urgence étrangère.
Lors de leur rencontre mensuelle, les ministres des finances de la zone euro pourraient bien féliciter l'Irlande pour ses réductions budgétaires de 2011 qui devront être approuvées par le parlement le mois prochain. Ils seront rejoints mercredi par les autres ministres des finances de l'UE.
Ils devraient aussi discuter du futur mécanisme de résolution de crise dans la zone euro que l'Allemagne souhaiterait mettre en place à partir de 2013, remplaçant ainsi le Fonds européen de stabilité financière de 440 milliards d'euros mis en place après que la Grèce a demandé de l'aide en mai.
"En cas de besoin, l'UE est prête à aider l'Irlande", a dit José Manuel Barroso lorsqu'il s'est exprimé au sommet du G20 à Séoul la semaine dernière.
Des sources à l'UE affirment que le montant de l'aide pourrait être de 45 à 90 milliards d'euros. Cela dépendra des besoins de l'Irlande pour aider ses banques.
L'Allemagne accusée d'aggraver les problèmes de l'Irlande
L'Irlande, entre autres, accusent l'Allemagne d'aggraver les problèmes en avançant l'idée que les banques et les marchés obligataires devraient à l'avenir partager les problèmes de défaut sur la dette souveraine de tout pays de la zone euro avec un mécanisme de sauvetage permanent dans la zone euro que Berlin souhaiterait mettre en place à partir de 2013.
Cette idée a perturbé les marchés obligataires qui ont considéré ce débat comme ouvrant la voie à un défaut éventuel dans des pays de la zone euro comme l'Irlande, la Portugal ou la Grèce.
Le premier ministre grec, George Papandreou, a prévenu que cela pourrait mener certaines économies de la zone euro tout droit vers la faillite.
"Certains proposent, comme le gouvernement allemand, que les marchés obligataires, les banques qui financent les pays avec des dettes importantes soient prêts à payer le coût d'un défaut potentiel ou d'une décote dans le futur", a dit M. Papandreou lors d'une visite à Paris.
"Cela a donné lieu à une spirale de taux d'intérêts élevés pour des pays qui semblent être dans une situation difficile comme l'Irlande ou le Portugal", a-t-il ajouté.
"Cela pourrait créer une prophétie auto-réalisatrice […] nous mettre à terre et mener les économies vers la faillite".
Ewald Nowotny, un membre du conseil d'administration de la BCE, a dit lors d'un entretien à la radio que l'UE souhaitait une solution rapide et adéquate pour l'Irlande afin qu'il n'y ait pas de débordement sur les autres pays lourdement endettés comme le Portugal ou l'Espagne.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV)