La zone euro augmentera la puissance de feu du fonds de sauvetage à 2 mille milliards d’euros

Les pays de la zone euro s’apprêtent à autoriser le fonds de sauvetage permanent à augmenter ses capitaux tout comme l’avait fait son prédécesseur, afin qu’il puisse atteindre une capacité de plus de 2 mille milliards d’euros et ainsi venir au secours de grands pays si nécessaire, a annoncé Der Spiegel hier (23 septembre).

EURACTIV.com / Reuters
German euro coin. [Shutterstock]
German euro coin. [Shutterstock]

Les pays de la zone euro s’apprêtent à autoriser le fonds de sauvetage permanent à augmenter ses capitaux tout comme l’avait fait son prédécesseur, afin qu’il puisse atteindre une capacité de plus de 2 mille milliards d’euros et ainsi venir au secours de grands pays si nécessaire, a annoncé Der Spiegel hier (23 septembre).

 

L'hebdomadaire allemand a annoncé que le Mécanisme européen de stabilité (MES) disposerait de deux instruments, tout comme son prédécesseur, le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Seul l'argent public pourrait être utilisé pour des transactions particulièrement risquées, telles que l'achat d'obligations espagnoles, tandis que les investisseurs privés fourniraient le reste des fonds.

 

Il était déjà prévu que le MES, qui devrait entrer en vigueur le 8 octobre prochain avec une capacité de 500 milliards d'euros, aurait la même puissance de feu que le FESF et les ministres des finances de la zone euro l'ont confirmé lors de leur réunion à Chypre au début du mois.

 

Si le MES est autorisé à utiliser les mêmes mécanismes que le FESF, il disposera d'une capacité de prêt d'environ 2 mille milliards d'euros sans que les pays n'aient à verser davantage de capitaux.

 

Tous les membres de la zone euro n'ont toutefois pas encore donné leur accord et la Finlande se montre particulièrement hésitante.

 

Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, est en faveur de cette idée, mais la Finlande empêche l'Eurogroupe d'avancer plus rapidement, a fait savoir Der Spiegel.

 

Une porte-parole du ministère allemand des finances a confirmé que suite à la décision de la Cour constitutionnelle allemande sur le MES, les lignes directrices étaient revisitées en Europe et qu'une partie serait couverte par le MES, tandis que le reste proviendrait d'investisseurs privés, ce qui reviendrait à une sorte d'effet de levier.

 

Ce volet est sur le point d'être approuvé à Bruxelles, a-t-elle déclaré.

 

Elle a également précisé que le MES disposerait des mêmes outils que le FESF.

 

Elle a ajouté que la participation de l'Allemagne serait plafonnée à 190 milliards d'euros et qu'une fois les discussions clôturées à Bruxelles, le résultat serait présenté au Bundestag, la chambre basse du parlement, pour approbation.

 

Le chiffre de 2 mille milliards d'euros demeure toutefois incompréhensible, a-t-elle affirmé.

 

La Commission européenne n'a quant à elle pas souhaité faire de commentaires.

 

Dans un autre article, la revue allemande Focus a expliqué que M. Schäuble et la chancelière allemande, Angela Merkel, souhaitaient renforcer le rôle du commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, afin qu'il soit le seul à décider d'entamer une procédure pour déficit contre les États qui ne respecteraient pas leurs objectifs.

 

Mme Merkel et M. Schäuble sont également d'avis que le commissaire devrait pouvoir exiger des amendements aux projets de budgets qui présentent des déficits excessifs, peut-on encore lire dans Focus.

 

Un porte-parole du ministère des finances n'a pas souhaité commenter cet article, mais a rappelé que des discussions étaient en cours et qu'il revenait aux chefs de gouvernement de trouver des moyens de renforcer l'union monétaire.