La vice-première ministre espagnole exhorte à coopérer à l’enquête de la CPI sur Benyamin Netanyahou

L’Espagne devrait coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI) dans son enquête sur le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, a déclaré mercredi la dirigeante de Sumar et vice-première ministre Yolanda Díaz, le jour où l’Espagne a annoncé qu’elle reconnaîtrait l’État palestinien le 28 mai.

EFE avec EURACTIV.com
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Bien que l’annonce par Madrid de la reconnaissance de l’État palestinien ait été chaleureusement accueillie par la gauche espagnole, Sumar estime que ce n’est pas suffisant. [[Shutterstock/davidxlacalle]]

L’Espagne devrait coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI) dans son enquête sur le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour génocide et crimes commis pendant la guerre contre Gaza, a déclaré mercredi la dirigeante de Sumar et vice-première ministre Yolanda Díaz. Ce même jour, l’Espagne a annoncé qu’elle se joindrait à la Norvège et à l’Irlande pour reconnaître un État palestinien le 28 mai.

Yolanda Díaz, qui est également ministre espagnole du Travail, a souligné dans des déclarations à la presse que le gouvernement espagnol continuerait à travailler pour « clarifier » et « enquêter sur M. Netanyahou en tant que criminel », ajoutant que « c’est un pas que nous devons encourager et accompagner avec d’autres pays pour qu’enfin, la barbarie cesse », a rapporté EFE, partenaire d’Euractiv.

Sumar, qui dispose de 31 sièges au parlement, et son ancien allié d’extrême gauche Podemos, qui compte cinq députés, ont tous deux qualifié à plusieurs reprises la réponse militaire d’Israël à l’attaque terroriste du Hamas en octobre 2023 de disproportionnée et de «génocide ».

En ce sens, Sumar a demandé mercredi à l’Espagne de suivre « l’exemple » de l’Afrique du Sud, qui a demandé à l’autre tribunal de La Haye, la Cour internationale de justice (CIJ), d’exiger d’Israël qu’il mette en œuvre des mesures pour empêcher le « génocide » des civils dans la bande de Gaza.

L’offensive judiciaire internationale contre les responsables de crimes dans la région s’est intensifiée lundi lorsque le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a déclaré qu’il avait demandé des mandats d’arrêt contre Benyamin Netanyahou, son chef de la défense et trois dirigeants du Hamas pour des crimes de guerre présumés.

Bien que l’annonce par Madrid de la reconnaissance d’un État palestinien ait été chaleureusement accueillie par la gauche espagnole, Sumar estime que ce n’est pas suffisant.

Selon Mme Díaz, l’Espagne devrait également se joindre aux efforts de l’ONU pour enquêter sur les « crimes » de Benyamin Netanyahou.

En ce sens, Mme Díaz a déclaré mercredi que Sumar souhaitait que le Premier ministre israélien soit jugé pour le « génocide qu’il est en train de perpétrer ».

En ce qui concerne le conflit, et malgré la reconnaissance imminente de la Palestine en tant qu’État par Madrid, Oslo et Dublin, Mme Díaz estime qu’« il reste beaucoup à faire » pour «parvenir à un cessez-le-feu » dans la région.

Mme Díaz a eu des mots très durs à l’égard de Benyamin Netanyahou, qu’elle a épinglé pour « son impunité face à un génocide comme nous n’en avons jamais connu auparavant ».

Rompre les relations avec Israël

Cependant, pour Ione Belarra, dirigeante de Podemos et ancienne collègue de Mme Díaz, l’Espagne devrait faire preuve d’audace et rompre ses relations diplomatiques avec Israël.

« Avec l’argent [de nos contribuables], ils achètent des armes à Israël pour qu’il puisse continuer à financer le génocide », a déclaré Mme Belarra, qui a lancé une attaque cinglante contre le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez (PSOE/S&D) pour ne pas avoir « osé » rompre les relations diplomatiques avec Tel-Aviv.

Selon Mme Belarra, Pedro Sánchez n’a pas osé prendre une telle mesure parce que l’Espagne « est un allié des États-Unis et que vous [le gouvernement], malheureusement, obéissez toujours aux États-Unis », a déclaré Mme Belarra au parlement.

« Nous aimerions savoir avec quelles frontières vous avez l’intention de reconnaître l’État palestinien et comment vous allez garantir qu’Israël le respecte », a demandé la dirigeante de Podemos au Premier ministre, tout en soulignant que la chose la plus urgente à présent était d’« arrêter [Benyamin] Netanyahou ».

Selon des sources médicales à Gaza, plus de 35  000 personnes sont mortes dans la région depuis le début de l’offensive militaire d’Israël en octobre 2023, la grande majorité d’entre elles étant des civils.

Critiques sévères du PP et de Vox

Cependant, la décision de Madrid a été vivement critiquée par le chef du principal parti d’opposition espagnol, le Partido Popular (PP), Alberto Núñez Feijóo.

Le chef du PP a accusé le Premier ministre espagnol de se place du côté du Hamas, un «groupe terroriste qui a mutilé des enfants, violé des enfants, torturé des jeunes et assassiné des centaines de personnes », qui a — tout d’abord — célébré cette décision.

« Qu’allez-vous reconnaître ? Quel territoire ? Quelles sont les frontières ? Avec quel régime politique ? Qui sera votre interlocuteur ? Le Hamas ? », a demandé le chef du PP à Pedro Sánchez.

De son côté, Santiago Abascal, chef du parti d’extrême droite Vox, troisième force du Parlement, a accusé Pedro Sánchez de s’incliner devant le Hamas et d’accepter le discours du groupe terroriste en le « récompensant » par la décision « unilatérale » de reconnaître l’existence d’un État palestinien.