La vague Merkel triomphe en Allemagne

Les Allemands ont plébiscité Angela Merkel lors des élections législatives organisées dimanche. L'éviction du parti FPD du Parlement rebat les cartes de l'échiquier politique.

EURACTIV.fr
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Les Allemands ont plébiscité Angela Merkel lors des élections législatives organisées dimanche. L'éviction du parti FPD du Parlement rebat les cartes de l'échiquier politique.

Une vague CDU a déferlé sur l'Allemagne hier, reconduisant la chancelière Angela Merkel à la tête du pays pour les 4 prochaines années. Avec 41,5 % des suffrages, le CDU a frôlé la majorité absolue au Bundestag, la manquant de deux sièges.

La surprise de l'élection est venue des libéraux, le FPD qui gouvernait jusqu'alors avec le parti plus centriste des chrétiens démocrates se voyant tout simplement rayé de l'hémicycle allemand, faute de récolter plus de 5 % des voix. Le FPD y était présent depuis 64 ans, et la claque de dimanche soir a été vécue comme un choc.

Du côté de la gauche, les résultats ne sont clairement pas bons non plus, en raison de l'éclatement des voix entre les sociaux-démocrates (SPD), Verts et “ex-communistes” regroupés sous le nom “Die Linke” -La Gauche. Les Verts enregistrent un recul cuisant, à seulement 8,"% des suffrages, ce qui les relègue derrière Die Linke, alors que le SPD récolte comme lot de consolation un score légèrement plus fort qu' il y 5 ans, soit 25,7 % des voix.

La chancelière sortante n'a pas gâché son plaisir, souriant à l'envie durant la soirée. La victoire du CDU est en effet surtout la sienne, le score final du CDU évoquant plus celui d'élections présidentielles que législatives. À la veille du scrutin, un tiers des Allemands se disaient encore indécis quant à leur choix. “Ces élections, c'est vraiment l'élection d'Angela Merkel” a souligné à EURACTIV le député européen CDU Elmar Brok. Le parti n'avait pas dépassé la barre des 40 % de l'électorat depuis 1990, une élection bien particulière puisqu'elle se passait juste après la réunification de l’Allemagne de l'Est et de l'Ouest.

Des négociations pour une coalition qui s'annoncent compliquées

La chancelière a dès dimanche soir exprimé son souhait de renforcer son pouvoir à l'aide d'une “coalition solide”. Sans toutefois préciser laquelle. Les Verts et le SPD apparaissaient les seuls candidats potentiels.

Malgré une victoire relativement écrasante, la CDU va désormais devoir négocier avec l'une ou l'autre des forces politiques afin de conforter son pouvoir. Des négociations qui ne seront pas forcément faciles.

Au SPD, les revendications allaient déjà bon train dimanche soir. “Bien sûr c'est un score décevant, mais la probabilité d'entrer au gouvernement est aussi porteuse pour la suite”, assurait un militant. Une analyse sans doute rapide lorsqu'on voit ce qui s'est passé avec le FPD, qui a été phagocyté par la CDU, l'électorat tenant notamment le parti libéral pour responsable des compromis douteux du gouvernement avec les industriels.

Mais les leaders du SPD ne sont pas prêts à s'engager dans une coalition sans négocier sérieusement les sujets qui leur tiennent à coeur. “Nous voulons une pause dans la politique de rigueur, parce que nous n'avons pas du tout la même analyse que Mme Merkel de la crise actuelle. C'est une crise des marchés financiers, et non pas une crise de la dette. Nous avons besoin d'accélérer la régulation des marchés financiers, notamment en mettant en place cette taxe sur les transactions financières, plutôt que de passer des mois interminables à négocier avec les banques” indique Philipp Steinberg, secrétaire général du SPD à Berlin

Selon lui, le SPD devrait exiger une politique de croissance, et aussi modifier la loi allemande actuelle sur les énergies renouvelables, qui entraîne une hausse des prix de l'électricité payée au final par les consommateurs.

Des différences qui pourraient s'avérer compliquées à diluer dans le projet politique de la CDU.

Effet Fukushima

Alors que les Verts se montraient, dès dimanche soir, très ouverts à Angela Merkel. La politique antinucléaire de la chancelière allemande a contribué à affaiblir leur impact politique, en leur coupant l'herbe sous le pied : ce que les Allemands appellent l'effet Fukushima a entraîné un recul important du parti des Verts

La probabilité d'une coalition avec les Verts n'était donc pas exclue dimanche, aussi étonnant que cela puisse paraître d'un point de vue français où l'on verrait mal un parti de centre droit s'allier avec les Verts nettement plus à gauche sur l'échiquier politique.