La vague de froid met en exergue des infrastructures en piteux état
Des températures sibériennes et d'importantes chutes de neige ayant entraîné la mort de centaines de personnes en Europe centrale et orientale ont mis en exergue la pression exercée sur des infrastructures souvent délabrées en Roumanie et en Bulgarie.
Des températures sibériennes et d'importantes chutes de neige ayant entraîné la mort de centaines de personnes en Europe centrale et orientale ont mis en exergue la pression exercée sur des infrastructures souvent délabrées en Roumanie et en Bulgarie.
Cela faisait 65 ans que la Roumanie n'avait pas dû affronter de telles chutes de neige et les conditions météorologiques restent rudes. Jusqu'à 3 mètres de neige ont paralysé des villes et des villages, les laissant sans électricité. Au moins 68 personnes sont mortes d'hypothermie suite à plusieurs nuits avec des températures qui sont descendues à -25°C.
Les autorités dans les comtés roumains de Buz?u et Vrancea, les plus sévèrement touchés, ont demandé au gouvernement de déclarer l'état d'urgence. Le nombre de décès pourrait augmenter, dans la mesure où les secours peinent à atteindre certains villages. La presse affirme que 90 000 personnes sont piégées par la neige au sud et au sud-est de la Roumanie et quelque 2700 écoles devraient rester fermées.
Nombreux sont ceux qui craignent que la remontée des températures déclenche des inondations destructrices dans un pays très vulnérable face à ce type de phénomène. Il n'y a pas si longtemps, des inondations ont causé d'énormes dégâts matériels dans de nombreuses régions du pays et contrairement à la Bulgarie, un pays voisin, la Roumanie ne dispose que de peu de digues ou de barrages pour retenir le Danube.
Un seul pont
Le trafic sur le pont de Ruse-Giurgiu, le seul qui relie la Roumanie et la Bulgarie le long de leur frontière de 300 km constituée par le Danube, a subi de nombreuses perturbations ces derniers jours. Le fleuve a gelé et les ferries entre Vidin et Calafat, ainsi qu'entre Oryahovo et Bechet, ont donc cessé de fonctionner.
Le pont Ruse-Giurgiu de 2,8 km a été construit en 1954 et consiste en une route à deux voies et en une double voie de chemin de fer. Un second pont est en construction à Vidin-Calafat suite à l'attribution de fonds européens. Il devrait disposer de quatre voies, d'une voie ferrée et d'une piste cyclable. Ce projet a bénéficié d'un soutien international lors des guerres yougoslaves et de l'embargo contre l'ancienne Yougoslavie, dans la mesure où il permettait de faire passer le trafic de la Turquie et de la Bulgarie via la Roumanie en contournant l'ex-Yougoslavie. La fin du projet a été reportée à plusieurs reprises, mais il devrait se terminer d'ici fin 2012.
En Bulgarie, la vague de froid a également entraîné la mort de nombreux citoyens, au moins 28, dont 10 personnes qui se sont noyées suite à l'effondrement d'un barrage. Les eaux glacées ont ensuite déferlé sur Biser, un village proche de la frontière turque.
La Bulgarie, un pays exportateur d'électricité, a réduit ses exportations suite à cette vague de froid et à un incident à la centrale de charbon de Galabovo au centre du pays. Cette centrale appartient à AES Corporation, une entreprise américaine. L'extraction du charbon à partir des mines de Maritsa-Iztok 2 a également été interrompue, car de nombreux travailleurs ne pouvaient pas se rendre sur place en raison du temps.
Suite à l'accident qui a frappé le village de Biser, le gouvernement a vérifié l'état des infrastructures du pays. Quelque 600 barrages représentent une menace pour la population, a déclaré le ministre de l'énergie, Traycho Traykov. Le gouvernement annoncera le 20 février quels barrages devront être partiellement vidés et lesquels devront être reconstruits.
Au cours de 20 dernières années, peu d'investissements, voire pas du tout, n'ont été engagés pour les petits barrages. Bien souvent, il est difficile de savoir qui en est le propriétaire. Bon nombre d'entre eux sont loués et utilisés pour la pisciculture, bien qu'ils ne soient pas adaptés à cette activité. Les exploitants maintiennent un niveau d'eau élevé malgré les risques de débordement et d'inondation. Dans certains cas, des travailleurs agricoles ont même percé des trous dans le béton pour extraire de l'eau illégalement, ce qui a fortement endommagé les barrages.