La Turquie déçue par l'aide européenne pour le nord de Chypre [FR]
Les ministres européens des affaires étrangères ont adopté un paquet controversé d'aides pour le nord de Chypre. Cette décision a été saluée par les chypriotes grecs, mais la Turquie considère qu'elle pourrait créer de nouveaux problèmes.
Les ministres européens des affaires étrangères ont adopté un paquet controversé d’aides pour le nord de Chypre. Cette décision a été saluée par les chypriotes grecs, mais la Turquie considère qu’elle pourrait créer de nouveaux problèmes.
L’UE considère que l’adoption du paquet d’aides est propice à l’adoption de la proposition de 2004 sur le commerce direct entre l’UE et la communauté turque de Chypre. Cependant, Ankara reste pour l’instant déçu et souligne toujours le fait que l’UE doit d’abord remplir ses engagements envers Chypre avant que la Turquie n’ouvre ses ports et aéroports à la partie grecque de Chypre, ce qui, à son tour, est considéré par les chypriotes grecs comme une condition à leur adoption du système de commerce direct. Chypre, tout comme les autres Etats membres, dispose d’un droit de veto sur tous les stades du processus. Elle bloque d’ailleurs les mesures d’aide et de commerce depuis 2004.
De plus, Ankara considère que le paque d’aides actuel est faible car il a pour objectif d’améliorer les infrastructures plutôt que d’intensifier le développement économique. La proposition d’aide adoptée le 27 février ne mentionne à aucun moment les dispositions relatives au commerce entre l’UE et la partie turque de Chypre.
Par ailleurs, le département d’Etat américain a indiqué qu’il n’est pas illégal, selon lui, de faire du commerce avec la partie turque de Chypre. « Les transactions commerciales avec la partie nord de Chypre ne sont pas illégales par définition, à ce que je sache, » a déclaré le porte-parole du département d’Etat, Adam Ereli. Cependant, il a ajouté que cette position ne signifiait pas la reconnaissance de la partie turque de Chypre par Washington. « L’essentiel est que notre politique et reconnaissance n’ont pas changé, » a indiqué M. Ereli.