La troïka pourrait être agréablement surprise à Athènes
La troïka est en Grèce pour évaluer les réformes. Une nouvelle tranche d'aide dépend de ses conclusions.
La troïka est en Grèce pour évaluer les réformes. Une nouvelle tranche d'aide dépend de ses conclusions.
La Grèce, lourdement endettée, pourrait avoir obtenu de meilleurs résultats budgétaires que ceux prévus l'année dernière, selon des représentants européens en marge du Conseil ECOFIN. Le pays pourrait en effet atteindre les conditions imposées par les bailleurs de fonds internationaux pour débloquer de nouvelles tranches d'aides en mars prochain.
Le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué dans un communiqué séparé que les négociations avec Athènes débuteront le 24 février prochain.
Les autres gouvernements de la zone euro et le FMI ont accordé à deux reprises un plan de sauvetage depuis 2010 à Athènes. La Grèce, dont la dette représente 175 % du PIB national, n'avait alors plus accès aux marchés financiers à cause de la fragilité de ses comptes publics nationaux.
Les bailleurs de fonds internationaux, la Banque centrale européenne et le FMI, appelés la troïka, évaluent tous les trois mois les progrès réalisés par la République hellénique dans l'assainissement de ses comptes et dans la réforme de son système économique. En contrepartie, la troïka débloque des tranches d'aide.
Ainsi, sans réforme, la Grèce ne touche plus de tranches d'aide supplémentaires.
La dernière évaluation devait être achevée en septembre 2013, mais reste en suspens depuis lors, car Athènes n'avait pas atteint les objectifs fixés par la troïka.
Lors d'échanges avec la presse après une réunion des ministres des finances, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, et le commissaire en charge des affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, ont déclaré que la troïka retournerait à Athènes cette semaine.
Cette annonce tendrait à prouver que l'évaluation pourrait être terminée en mars, a ajouté Olli Rehn. Ce qui permettrait le déblocage de la prochaine tranche d'aide afin que la Grèce puisse honorer ses obligations qui arrivent à échéance en mai prochain.
« Je pense que si chacun fait sa part, nous pourrons conclure un accord en mars, ce qui serait très important pour la Grèce et pour l'économie grecque, ainsi que pour le peuple grec, » a poursuivi le commissaire finlandais.
Une fois l'évaluation menée à son terme, la Grèce et les ministres de la zone euro détermineront si Athènes a les reins suffisamment solides d'un point de vue financier pour 2014 et 2015. À cette seule condition, la troïka poursuivra le déblocage de tranches d'aide supplémentaires.
Les ministres aborderont aussi la question d'un allègement supplémentaire de la dette de la Grèce étant donné l'excédent primaire affiché par la République hellénique l'année dernière. Cet allègement, selon les conditions fixées par la zone euro en novembre 2012, n'était possible que si le pays atteignait cet excédent primaire.
La Grèce a déclaré le 15 février que son excédent budgétaire primaire de 2013, qui ne comprend pas les intérêts sur la dette et d'autres coûts conjoncturels, atteint 1,5 milliard d'euros, soit un niveau bien plus élevé que celui fixé par la troïka.
Olli Rehn a reconnu, avec prudence cependant, que ceci constituerait une bonne surprise.
« Du point de vue budgétaire, il semblerait que les résultats de l’année dernière soient meilleurs que ceux attendus, même si nous devons réserver notre jugement définitif dès qu'Eurostat aura publié ses données le 23 avril prochain, » a-t-il expliqué.
Un examen attentif d’un éventuel allégement de la dette grecque ne pourrait avoir lieu que lors du deuxième semestre de cette année. Cet allègement pourrait prendre la forme d’une réduction du taux d'intérêt des prêts restants et d’une prorogation des échéances, a indiqué le président de l'Eurogroupe.
Une bien faible reprise économique européenne
Le commissaire en charge des affaires économiques a assuré que les données collectées dernièrement montraient que l'Europe connaissait une reprise économique progressive. La croissance trimestrielle a atteint 0,4 % pour l'UE et 0,3 % pour la zone euro. Ces résultats sont légèrement supérieurs à ceux qui avaient été prévus en automne dernier.
« L'économie de la zone euro est sur la voie d'une accélération [de la croissance] pour cette année et la suivante […]. Mais la reprise reste timide et limitée, principalement à cause de l'héritage laissé par la crise financière, et de la récession économique qui continue à faire obstacle à la croissance du PIB [de l'Union] », a nuancé Olli Rehn.